Le journal ne paraîtra pas ce vendredi: la rédaction des Échos vote une grève pour réclamer des augmentations de salaires
Les Échos - MARTIN BUREAU
Le quotidien économique Les Échos ne paraîtra pas ce vendredi et son site ne sera pas alimenté jusqu'à midi en raison d'une grève votée par la rédaction pour des questions salariales, a-t-on appris ce jeudi de sources internes.
La grève a été approuvée par 89% des 190 votants (sur 206 inscrits), selon un communiqué des élus de la rédaction soutenu par tous les syndicats. Les grévistes jugent insuffisantes les propositions de la direction dans le cadre des négociations salariales. Sollicitée par l'AFP, la direction n'a pas fait de commentaire.
Les Échos font partie du groupe Les Échos-Le Parisien (qui comprend aussi le quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France et Radio Classique), propriété du géant du luxe LVMH dirigé par le milliardaire Bernard Arnault.
"Tout augmente, sauf les salaires"
Selon un mail interne envoyé par les élus, la direction ne veut pas aller au-delà d'1% d'augmentation de la masse salariale, réparti en 0,3% pour les augmentations collectives et 0,7% pour les augmentations individuelles. "Aux Échos tout augmente - le prix de l'abonnement, le nombre d'abonnés et la quantité de travail - sauf les salaires", ont fait valoir les élus dans un communiqué.
"Le motif profond de cette grève est le sentiment prégnant d'irrespect des dirigeants du pôle presse de LVMH à l'égard du métier de journaliste", poursuivent-ils, en assurant que les dernières évolutions du journal ont été faites "sur la surmobilisation des salariés".
Les Échos ont musclé leur offre week-end fin 2025, avec une nouvelle formule de leur magazine et de nouveaux formats numériques. Cela doit être suivi en mars par l'apparition de nouveaux cahiers thématiques dans le quotidien du vendredi. "On nous invoque des raisons économiques, sauf que notre actionnaire ne cesse de racheter des titres de presse", ont également estimé les élus de la rédaction.
LVMH a racheté fin 2025 les magazines Challenges, Sciences et Avenir et La Recherche, pour un euro symbolique. Le géant du luxe a aussi racheté en 2025 la totalité du quotidien libéral L'Opinion et du site d'actualité financière L'Agefi, dont il détenait déjà des parts.











