BFM Business

Elle perdait plusieurs millions d'euros par an car elle n'était plus compétitive: l'usine Lisi ferme son usine de pièces pour l'automobile et délocalise au Maroc et en Allemagne

BFM Business P.Le. avec AFP
Des pièces automobiles. Image d'illustration.

Des pièces automobiles. Image d'illustration. - Back2car - AdobeStock

Les salariés, qui se sont mis en grève, se verront proposer des reclassements sur les autres sites du groupe, vers Bordeaux, Toulouse et Troie.

Le groupe Lisi va fermer son usine de pièces automobiles de Puiseux-Pontoise (Val d'Oise), ce qui entraînera la suppression de 135 postes, pour délocaliser la production en Allemagne et au Maroc, a confirmé la direction, lundi 26 janvier.

Ce site, l'une de ses cinq usines françaises de pièces automobiles, fabriquait des fixations en plastique et en métal. Sur les 153 CDI, 135 postes seront supprimés et 18 emplois de commerciaux transférés sur un site à Saint-Ouen, à une dizaine de kilomètres, a expliqué Vincent Quinaux, directeur général de Business Group Solutions Clippées, branche de Lisi Automotive qui chapeaute l'usine.

Le groupe Lisi, un leader français de la visserie-boulonnerie pour l'automobile et l'aviation coté en Bourse, fait valoir que le site "perdait plusieurs millions d'euros par an depuis 2020 car il n'était pas compétitif", avec "un écart de prix à 20 à 25% sur la concurrence en Turquie, Inde ou Chine".

Auprès de ses clients comme Renault, Stellantis ou Mercedes, le site n'était pas parvenu à décrocher de marchés pour les nouveaux modèles automobiles et tournait sur la production d'anciens modèles.

Les salariés en grève

Informés la semaine dernière de cette décision inattendue, les salariés ont aussitôt décidé de se mettre en grève, au moins jusqu'au début des négociations fin janvier, a rapporté samedi Le Parisien.

"Le marché automobile européen est durablement impacté depuis 2020, et sous pression, les constructeurs font pression pour baisser les prix sur toute la chaine de production", a commenté Vincent Quinaux, "donc soit on baisse nos prix, soit on perd des marchés".

Lisi envisage aussi de faire une activité de négoce, en achetant des pièces en Asie pour les revendre en Europe. Quant au prochain règlement européen sur un pourcentage de "contenu local" dans les voitures électriques, attendu pour fin février, "il arrive un peu tard", a-t-il commenté.

Le groupe assure qu'il proposera à ses salariés des reclassements internes sur ses autres sites, notamment dans la branche aérospatiale, mais ils se trouvent dans d'autres régions, vers Bordeaux, Toulouse et Troie.

C'est la seconde fermeture ce mois-ci dans le secteur, après celle mardi d'une usine de Bosch France dans l'Allier, de 265 salariés.

Dans une récente étude pour l'Association européenne des équipementiers européens (CLEPA), le cabinet Roland Berger a averti que le secteur pourrait perdre 23% de valeur ajoutée d'ici à 2030 et 300.000 à 350.000 emplois, sur 1,8 million au total, si l'UE ne protège pas le secteur de la concurrence internationale, en raison d'une écart de coût de 25% à 30% face notamment à la Chine.