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"La loi nous l'autorise": face à la grève des médecins libéraux, la ministre de la Santé n'écarte pas le recours aux réquisitions de docteurs

BFM Business Caroline Robin
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Invitée de France 2 lundi matin, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a réagi au mouvement de grève des médecins libéraux, qui ferment leur cabinet pendant dix jours. "Nous devons continuer le dialogue qui n'est pas rompu", a-t-elle déclaré.

Voilà un début d'année sous haute tension pour la ministre de la Santé. Invitée de Télématin sur France 2 lundi , Stéphanie Rist est revenu sur le mouvement de grève des médecins libéraux, qui ferment leur cabinet aux patients pendant dix jours. Cette grève "est annoncée comme étant suivie", même si "les médecins libéraux n'ont pas l'obligation de se déclarer en grève", a-t-elle souligné.

“J’espère que ce mouvement durera le moins longtemps possible”, a ajouté la ministre, également médecin rhumatologue de profession.

Pour maintenir l'offre de soins et répondre aux urgences, Stéphanie Rist n'exclut pas de recourir aux réquisitions. "La loi nous l'autorise (...) je vais le faire s'il y a besoin". Comme l'a expliqué la ministre, ce sont aux agences régionales de santé de proposer aux préfets de décider de réquisitionner des docteurs afin de compléter l'offre de soins là où il y a des manques. Pour autant, "il faut aussi respecter le droit de grève dans notre pays”, a déclaré la ministre, suggérant que les opérations et rendez-vous médicaux non urgents seront sûrement reportés.

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S'il est difficile d'estimer le nombre de cabinets fermés dès ce lundi en pleine épidémie de grippe, la colère des docteurs est en tout cas très claire. Ces derniers sont remontés à bloc contre plusieurs mesures du budget de la Sécu pour 2026 qui s'attaquent, selon eux, à leur liberté d'exercice.

Haro contre les révisions tarifaires sans concertation

Un des principaux griefs des médecins libéraux concerne la convention médicale. Au fil des débats, les parlementaires ont introduit dans le budget de la Sécu pour 2026 la possibilité que les tarifs des actes médicaux soient définis par voie réglementaire, c'est-à-dire par décret.

Ce qui pose forcément problème puisque jusqu'ici, les tarifs de consultation des médecins libéraux relèvent d'une négociation conventionnelle entre les syndicats représentatifs de la profession et la Caisse nationale de l'Assurance maladie. Ces derniers se réunissent en général tous les cinq ans pour réviser les tarifs des actes et consultations médicales. Autrement dit, le gouvernement n'avait pas, jusqu'à l'introduction de cette mesure dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, la main pour imposer arbitrairement des nouvelles règles tarifaires.

“C’est une mesure qui a été adoptée contre mon avis”, a rappelé Stéphanie Rist. “J’ai dit aux représentants que ce qui compte pour moi, ce sont les négociations conventionnelles avec l’Assurance maladie”, a-t-elle insisté.

“L’intérêt d’un gouvernement n’est pas de décider tout seul dans son coin”, a-t-elle affirmé. Le 31 décembre, la ministre de la Santé a qui plus est souligné, dans une lettre ouverte diffusée sur les réseaux sociaux, que la mesure inscrite dans le budget de la Sécu pour 2026 "prévoit une possibilité et non une obligation". Elle s'est surtout engagée à ne pas y recourir tant qu'elle serait ministre... Sauf qu'avec 11 ministres de la Santé au compteur depuis le premier quinquennat d'Emmanuel Macron, rien ne garantit aux médecins que ses potentiels successeurs au poste en feront de même.

Stéphanie Rist défend la limitation à un mois des arrêts de travail

Les médecins libéraux en grève à compter de ce lundi dénoncent aussi fermement la limitation de la durée des arrêts de travail, à un mois pour une première prescription, et deux mois en cas de renouvellement.

“On peut se demander pour un malade qui est arrêté 3 mois ou 6 mois, comment il est suivi. Honnêtement ce n’est pas contraindre la liberté de prescription”, a réagi Stéphanie Rist. “Presque toutes les pathologies sont en dessous d’un mois d’arrêt maladie”, a-t-elle ajouté.

D'autres mesures attisent la colère des docteurs, telle que la taxe des dépassements d'honoraires pour dissuader certains spécialistes d'être trop gourmands dans leurs facturations aux patients. Un temps envisagée, cette mesure n'a finalement pas été retenue dans la version finale du budget de la Sécu pour 2026. De même, un autre article visait à menacer les médecins libéraux d'une amende pouvant aller jusqu'à 10.000 euros par an s'ils ne faisaient pas bien usage du dossier médical partagé (DMP). Mais cette mesure a été retirée du texte par le Conseil constitutionnel qui l'a qualifiée de "cavalier social" car elle a des effets trop indirects sur l'état des comptes de la Sécurité sociale.