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Il salue le "courage des entrepreneurs" et celui des Français qui n'ont jamais autant travaillé: le gouverneur de la Banque de France explique pourquoi l'économie "résiste" dans le bazar politique et budgétaire

BFM Business Jérémy Bruno
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Invité ce mercredi matin sur BFMTV-RMC, le gouverneur de la Banque de France a assuré que l'économie française faisait preuve de résistance en dépit du contexte d'incertitude politique et budgétaire, saluant "le courage des entrepreneurs" et "le travail des Français".

Le gouverneur de la Banque de France assure que l'économie française "résiste plutôt bien" malgré les incertitudes politiques et budgétaires, entre autres grâce au "travail des Français". Invité ce mercredi matin sur BFMTV-RMC, François Villeroy de Galhau a appelé à une stabilité fiscale, outre une stabilité politique qu'il juge "souhaitable", alors que de nombreuses voix d'entrepreneurs et d'organisations patronales se sont élevées depuis quelques mois pour déplorer l'instabilité budgétaire et les hausses d'impôt.

"Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas certaines hausses d'impôt limitées, mais il faut arrêter d'improviser tous les huit jours", a estimé François Villeroy de Galhau.
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"Mais c'est vrai qu'au milieu de cet environnement, l'économie française résiste plutôt bien", a contrebalancé le gouverneur de la Banque de France, évoquant une croissance française qui devrait être "d'au moins 0,9%" pour l'ensemble de l'année 2025. Cette croissance est le résultat du "courage des entrepreneurs" qui "continuent à prendre des risques, à investir", mais aussi du "travail des Français" et "on ne le dit pas assez", a poursuivi François Villeroy de Galhau.

"Il n'y a jamais eu autant de Français au travail, en nombre d'heures travaillées, et les Français travaillent plutôt bien, en termes de productivité par heure", a avancé le gouverneur de la Banque de France.

Des "atouts structurels" de la France

Cette résistance "reflète aussi un certain nombre d'atouts structurels" de l'économie française", a-t-il ajouté. "Nous sommes plutôt une économie de services" et, du côté de l'industrie, "la spécialisation française [sur] l'aéronautique et la défense est plutôt porteuse". Par ailleurs, "nous sommes moins exposés à la grande exportation" vers les États-Unis, ce qui permet que l'on "souffre moins des tarifs de M. Trump", ou la Chine, où l'on "souffre moins des tensions" avec Pékin, a-t-il précisé.

"Pour autant, l'incertitude nous coûte [...]. Nous estimons que l'incertitude politique, budgétaire coûte au moins 0,2 point de croissance à la France" et, sans cette incertitude, "on serait au-delà de 1%", a nuancé François Villeroy de Galhau.

Mais "c'est important de voir à côté de ça un problème qui concerne toute l'Europe, et pas seulement la France, qui est que nous ne mobilisons pas assez nos ressources", a ajouté le gouverneur de la Banque de France, évoquant le "défi américain" avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. "On en parle tous les matins, entre nous peut-être un peu trop. On ne peut pas changer l'autre côté de l'Atlantique mais nous devons changer notre côté à nous", a estimé le gouverneur.

"Les Européens ont plein de ressources. Ils ont une épargne abondante, ils ont un grand marché, ils ont un réservoir de talents humains et de jeunes formidables [...]. Réveillons-nous, mobilisons-nous, M. Trump doit servir à cela", selon lui.