"C'est normal de rajouter du sucre dans un petit pot aux légumes?" Les députés suppriment une taxe du Sénat sur le sucre dans les produits pour bébés (la gauche et le Modem sont ulcérés)

L'Assemblée nationale a supprimé jeudi une taxe sur les sucres ajoutés dans les produits alimentaires destinés aux nourrissons et jeunes enfants, instaurée par le Sénat dans le cadre de l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Par 102 voix contre 52, la chambre haute s'est opposée à un article introduit par le sénateur Renaissance Xavier Iacovelli, qui visait à inciter les industriels à réduire la teneur en sucre de ces produits, au nom de la lutte contre l'obésité infantile.
Sa suppression a été portée par des députés Les Républicains, Rassemblement national et macronistes, soutenue par le gouvernement. Ils estiment que la taxe risquerait de louper sa cible, en orientant les consommateurs vers d'autres produits qui ne répondraient pas aux enjeux nutritionnels des nourrissons, tout en pénalisant le pouvoir d'achat des familles.
"Nous ne devons pas aller à la solution de facilité, qui consiste à dire, un problème, une taxe", a lancé Prisca Thevenot (Renaissance).
"N'ayez pas de faux arguments"
Le gouvernement, favorable à cette suppression, a abondé. La ministre de la Santé Stéphanie Rist a plaidé pour "des accords collectifs avec les filières ", pour réduire les sucres dans l'alimentation des enfants, estimant que "c'est ainsi que nous serons efficaces". De son côté, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a pointé une mesure "mal écrite", qui pourrait pénaliser des acteurs introduisant par exemple du lactose, et promis un travail de fond "dans un cadre approprié" sur cette question.
Le rejet de cette mesure a toutefois ulcéré plusieurs députés de gauche et du MoDem. "Vous êtes en train d'hésiter sur la santé des bébés!", a lancé Sandrine Rousseau (Écologistes). "Est-ce que c'est normal que dans un petit pot de carottes ou de légumes, l'industriel rajoute du sucre?", s'est indigné Cyrille Isaac-Sibille (MoDem), pour qui cela est fait pour que "dès les premiers mois, les enfants soient addicts au sucre". Cette taxe est là pour "faire en sorte que les industriels enlèvent le sucre (...) N'ayez pas de faux arguments", a avancé Cyrille Isaac-Sibille.












