Loin du raz-de-marée de 2024, le leasing social pour une voiture électrique dès 100 euros par mois a clairement moins séduit l'an dernier (mais la R5 en a bien profité)

Une vague lente plutôt qu'un raz-de-marée? L'enveloppe de 50.000 aides à l'achat d'une voiture électrique mise en place pour les ménages modestes en septembre a été entièrement consommée, un peu plus de trois mois après la mise en place du dispositif, a annoncé lundi 12 janvier le gouvernement.
L'objectif de 50.000 nouveaux véhicules au titre du leasing social "a été atteint", ont annoncé dans un communiqué conjoint les ministères de la Transition écologique et de l'Economie et des Finances. Les critères d'éligibilité avaient été durcis pour cette deuxième édition, ce qui explique un engouement bien moins important qu'anticipé. Alors qu'on attendait une ruée sur les commandes dès le 30 septembre, le dispositif était encore ouvert fin décembre.
Carton plein pour la R5 avec 12.500 commandes
"Plus des deux tiers des voitures commandées sont de marques françaises, Renault, Peugeot, et Citroën", a indiqué Bercy à l'AFP, précisant que la Renault 5 électrique, fabriquée à Douai, représente à elle seule "un quart des véhicules commandés".
Un débouché important pour la R5, avec donc près de 12.500 exemplaires vendus via le leasign social, ce qui représente près d'un tiers de ses ventes en France l'an dernier.
La Peugeot e-208, la Citroën ë-C3 et le Peugeot e-2008 figurent également parmi les modèles qui ont recueilli le plus de commandes, selon le ministère, qui précise que 34% des véhicules commandés sont fabriqués en France. Ce qui est le cas pour la R5, mais pas pour les autres modèles évoqués, chez Peugeot ou Citroën.
Un budget de 350 millions d'euros
Financée par les certificats d'économies d'énergie (CEE), l'aide peut atteindre jusqu'à 7.000 euros pour une voiture électrique neuve, selon les modèles et selon le niveau de revenu des ménages, a précisé le ministère de la transition écologique.
Au total, l'enveloppe portait sur 350 millions d'euros en 2025: elle visait à atteindre des loyers "attractifs" par rapport au prix de marché, à moins de 200 euros par mois: "les offres proposées débutaient à 100 euros par mois", a rappelé le ministère, qui souhaite ainsi "accompagner les plus modestes dans l'électrification de leurs usages". Toutefois, il faut aussi prendre en compte d'autres coûts cachés, comme l'assurance, qui n'est pas incluse au contrat, et peut faire bondir la facture de 78%.
Pour en bénéficier, il fallait avoir un revenu fiscal de référence par part inférieur ou égal à 16.300 euros et habiter à plus de 15 kilomètres de son lieu de travail en utilisant sa voiture personnelle pour s'y rendre ou effectuer plus de 8.000 kilomètres par an avec sa voiture personnelle dans le cadre de son activité professionnelle.
Des doutes sur une édition 2026
Quelque "45% des bénéficiaires appartiennent aux trois premiers déciles de revenus", contre 40% lors de l'édition précédente et "55% des commandes sont destinées aux ménages ruraux", contre 51% en 2024, a indiqué le ministère.
En 2024, pour la première année de cette aide, 50.000 demandes de dossiers avaient été faites en l'espace de six semaines seulement, forçant le gouvernement à clôturer le dispositif dès le mois de février, devant l'engouement pour la location de voitures électriques à prix cassés.
Le gouvernement n'a pas indiqué à ce stade s'il comptait reconduire le dispositif pour une troisième édition en 2026.












