L'opératrice n'a jamais repris le volant: on a roulé 40 minutes en plein Paris en Tesla avec la conduite autonome "supervisée"

Une conduite 100% autonome (ou presque) en plein Paris: c’est ce que Tesla propose de tester en ce mois de décembre, ainsi que dans d’autres grandes villes de France et d’Europe. Une expérience gratuite pour le grand public et les médias, prolongée en janvier face au grand nombre de réservations.
"Conduite automatique (supervisée)"
En mai dernier, Tesla avait déjà choisi la capitale française pour une démonstration de force, avec un véhicule qui traversait sans difficulté la Place de l'Etoile. Derrière ce petit exploit face à ce gigantesque rond-point qui peut effrayer n'importe quel conducteur humain, le robot avait donc passé ce test en conditions extrêmes.

Ces tests grand-public sont une manière pour Tesla de montrer les capacités de son "FSD” pour “full self driving”, une option proposée depuis 2016 et qui permet de disposer de fonctions les plus avancées proposées par la marque américaine. En France, cette option, longtemps appelée “capacité de conduite entièrement autonome”, a récemment été renommée "Conduite automatique (supervisée)". Dans certains Etats américains, il est en effet possible de profiter d’un “FSD (supervised)” avec le véhicule qui peut gérer un trajet de A à Z, mais un conducteur qui doit en permanence être prêt à réagir.
Un test concluant en région parisienne
C’est ce que nous avons pu tester en région parisienne, avec un parcours d’une quarantaine de minutes au départ du centre Tesla Paris-Nord de Saint-Ouen.

Derrière le volant, une opératrice pour “superviser” cette conduite autonome: elle doit en permanence être prête à réagir en cas de problème. Pas possible donc de faire autre chose pendant la conduite, dans l’hypothèse où cette “conduite automatique (supervisée)” serait un jour autorisée en France. Dans un premier temps, l’objectif serait donc de proposer une conduite très assistée, avec moins de fatigue à la clé. Une sensation qui peut rappeler les premiers trajets en Autopilot sur autoroute il y a près de 10 ans maintenant, avec une surveillance plus globale de la route que le niveau de concentration nécessaire lorsque l’on conduit réellement.
A terme, et si ce FSD prouve bien ses capacités, le projet reste plus ambitieux, avec des voitures qui pourraient permettre au conducteur de faire autre chose pendant un trajet... ou même à des Tesla de se déplacer sans personne à bord. La Model 3 devait ainsi être la première voiture qu’on pourrait par exemple louer quand on ne s’en sert pas... avec le véhicule qui se rend lui-même chez son locataire avant de rentrer seul à domicile. Une perspective séduisante mais encore loin de se concrétiser.
Pour démarrer le trajet, rien de plus simple: la destination est entrée dans le GPS et il suffit alors d’appuyer sur un bouton “FSD” qui apparaît sur l’écran tactile. Dès le début, la Tesla échappe à un premier piège: juste devant elle, un camion à l’arrêt depuis quelques minutes en warning redémarre soudainement. Le véhicule détecte rapidement ce mouvement et adapte sa trajectoire en conséquence.
Situations complexes
Un premier exemple qui résume bien l’ensemble de l’expérience vécue par la suite: une conduite prudente mais fluide, avec assez d’assurance pour ne pas bloquer à la moindre difficulté. Sachant qu’un parcours en zone urbaine dense reste truffé d’obstacles divers et variés.

Des situations complexes que le véhicule a parfaitement gérées: passage de rond-point, dépassement de cycliste en franchissant une ligne blanche, respect de la priorité piétons, double stop où les véhicules peuvent forcer le passage, rue étroite avec un véhicule non-prioritaire qu'il faut frôler une fois qu'il s'est rangé... C'est simple, l'opératrice n'a jamais repris le volant et les caméras montrent qu'elles peuvent gérer la conduite et des manoeuvres au millimètre près.
Sur l'écran, le véhicule montre tout ce que ses camarés captent, ses actions à venir comme un changement de file et la vidéo des angle-morts à l'activation d'un clignotant. Une interface qui permet de rassurer les passagers à bord et de montrer qu'un véhicule entouré de caméras peut être davantage conscient de son environnement que la simple paire d'yeux d'un modeste humain.
Au moment de repartir du premier trajet, un véhicule bloquait la route. La Tesla s'immobilise derrière lui et patiente sagement. En mode autonome, elle ne peut pas klaxonner, ce qui reste d'ailleurs interdit en ville hors danger immédiat. Dans ce cas de figure ce serait au conducteur, ou plutôt au superviseur, de prendre cette initiative, mais le conducteur est finalement reparti assez vite pour éviter d'avoir à l'alerter.
Une option à 7.500 euros
En Europe, cette fonction de "conduite automatique (supervisée)" n’est pas encore autorisée, mais Tesla veut donc prouver aux autorités que la réglementation pourrait être adaptée, surtout si ces tests se déroulent sans incidents notables.

Mais, pour 7.500 euros tout de même, il est déjà possible (comme depuis 2016) d'acheter cette option. Elle donne actuellement accès son assistant de conduite ("Autopilot amélioré"), sinon facturé 3.800 euros, ainsi qu'à la détection des feux de signalisation et des panneaux Stop. Auparavant sur cette option, Tesla offrait même un prix à l'achat plus intéressant que si vous l'activiez plus tard
"Les prochaines mises à jour devraient permettre à votre véhicule de se rendre presque n'importe où en toute autonomie, avec une intervention minimale de la part du conducteur (en fonction du développement et de l'approbation réglementaire)", note le configurateur Tesla.
D'après la marque tous les véhicules commercialisés depuis 2022 (avec le "hardware 4") seraient compatibles avec cette "conduite automatique (supervisée)". Des centaines de milliers, voire des millions de véhicules, qui pourraient donc craquer potentiellement pour une option à plusieurs milliers d'euros: de quoi transférer l'exploit technologique en jackpot financier.












