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"Improvisation la plus totale", "analyse des risques pas fiable" : l’UFC Que Choisir étrille la gestion du scandale des airbags Takata

BFM Business Pauline Ducamp avec AFP , Rédactrice en chef adjointe web
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Alors que le gouvernement vient de demander à toutes les marques concernées de durcir les conditions de rappel, l’association UFC Que Choisir pointe une nouvelle fois la gestion du scandale des airbags défectueux par les constructeurs.

"Improvisation la plus totale". Ce mercredi sur France Info, la porte-parole de l’UFC Que Choisir n’a pas maché ses mots quant à la gestion par les constructeurs du rappel des airbags défectueux Takata. Marie-Amandine Stévenin, la présidente de l'association, demande ainsi une enquête sur "toute la chaîne de responsabilité", alors que le gouvernement a demandé hier l’immobilisation de 800.000 véhicules supplémentaires.

"Quatorze mois que ça dure"

"On est quand même dans une sorte, malheureusement, d'improvisation la plus totale puisque ça fait quatorze mois que ça dure", a déploré Marie-Amandine Stévenin.

"Et l'an dernier déjà, la difficulté était de nous dire, quand on réclamait en urgence plus de réparations, que les lignes de réparation, c'était embouteillé. Donc en un an, c'est regrettable qu'il n'y ait pas eu de solution qui ait été prise", poursuit cette dernière.

Le premier rappel "stop drive" lancé par Citroën date en effet du printemps 2024. Plusieurs autres groupes ont aussi lancé des campagnes de rappel avec ou sans interdiction de conduire, toutes recensées par le ministère des Transports sur ce site dédié.

"Il n'y a aucune mesure qui était prise par les constructeurs qui semblait répondre à l'urgence et au caractère grave de la situation", assène toutefois Marie-Amandine Stévenin, qui pointe aussi l’analyse des risques réalisés par les marques elles-mêmes.

"On voit bien que l'analyse des risques qui avait été faite n'était pas tout à fait fiable, puisqu'on continue à avoir des accidents mortels, qui plus est dans des zones où on nous disait l'an dernier qu'elle n'était pas un risque puisque Reims était au-dessus de cette ligne Nord-Sud qui avait été tracée un peu arbitrairement", a souligné cette dernière.

Un accident mortel le 11 juin à Reims dû à un airbag Takata a amené le ministère à durcir le ton face aux constructeurs.

Trente marques concernées par le rappel

Le ministère a par ailleurs convoqué les dirigeants de Citroën et lancé une mission d’inspection. "Depuis six mois, Philippe Tabarot a engagé des actions sans précédent pour renforcer le contrôle exercé sur les constructeurs et accélérer les rappels des véhicules à risque", soulignait hier le ministère dans un communiqué, mettant notamment les campagnes d’information et la plateforme dédiée.

"On a un organisme en France, c'est le gendarme des constructeurs, un service de surveillance du marché des véhicules et des moteurs, on aimerait savoir quel rôle il a joué. On demande que toute la chaîne de responsabilité soit sont enquêtée, soit analysée", demande par ailleurs Marie-Amandine Stévenin.

L'UFC Que Choisir avait déposé plainte, en début d'année, contre Stellantis "et ensuite contre les autres constructeurs car il y a aussi BMW, Volkswagen, Mercedes, Toyota, qui sont concernés". L'association avait également demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire.

200 modèles et 30 marques sont aujourd’hui concernés par ce rappel des véhicules équipés des airbags défectueux Takata.