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"C'est une tentative de destruction d'espèce protégée": un lynx caillassé et visé par des tirs succombe à ses blessures dans l'Ain

BFM Bettina de Guglielmo, Romain Ethuin, Emilie Roussey
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Une enquête est en cours après la mort dans l'Ain d'une femelle lynx, caillassée et victime de plusieurs tirs. Le garde-chasse local a été entendu.

Les huit jours de soins intensifs n'ont pas suffi. Une femelle lynx d'environ 3 ans recueillie dans un état critique par un centre de protection de la faune sauvage à Béard-Géovreissiat, dans l'Ain, a succombé à ses blessures à l'issue d'une agonie de plusieurs jours.

Malgré son statut d'espèce protégée, l'animal a été caillassé et a été victime de plusieurs tirs. Sur les images filmées au moment de son arrivée au centre situé dans le Jura, la femelle apparaît avec l'œil gauche gorgé de sang. Sur la radio, sa boîte crânienne est criblée de plomb.

"On a précisément 116 plombs, ça correspond à la quasi-totalité d'une cartouche qui a été tirée à une faible distance", déplore auprès de BFMTV Gilles Moyne, directeur du centre de soins pour animaux Athénas qui accueille plusieurs dizaines de lynx.

L'animal est mort d'une méningite, malgré les soins apportés par l'association. Cette dernière dénonce les agissements d'un chasseur. "Pour nous, c'est une tentative de destruction d'espèce protégée, c'est absolument pas défendable", ajoute Gilles Moyne.

"Ça chasse à toute heure, à tout va"

La destruction d'espèce protégée est un délit passible de trois ans de prison et de 150.000 euros d'amende. Le comportement du garde-chasse local est mis en cause. L'homme a été entendu dans le cadre d'une enquête en cours.

"Nous ne pouvons plus accepter ces pratiques mafieuses, ni laisser perdurer ce sentiment d’impunité. Nous demandons la dissolution des ACCA (association communale de chasse agréée, NDLR) concernées, ou leur mise sous tutelle de l’administration, ainsi que le retrait de l’agrément de la Fédération de chasse laissant prospérer de tels comportements contraires à l’intérêt général", appelait le centre Athénas le 7 janvier su Facebook.

Dans le village, les habitants en sont témoins, les règlements de chasse ne sont pas toujours respectés. "Quand vous entendez des tirs à 22h, 23h, ce n'est pas dans ces eaux-là qu'on chasse", rappelle l'un d'entre eux.

"Ça chasse à toute heure, à tout va, tôt le matin, tard le soir", confirme une riveraine avant d'ajouter: un bon chasseur ne va pas tuer une espèce protégée".

L'urgence est désormais de retrouver les deux ou trois petits de la femelle lynx décédée. Sans leur mère, leur survie est compromise.