Crise à Sciences Po Strasbourg: l'idée de démissionner "a traversé l'esprit" de son directeur

Sciences Po Strasbourg (image d'illustration) - BFM Alsace
Depuis l'été dernier, une crise ouverte s'opère à l'IEP Strasbourg autour de l'épineuse question du partenariat avec l'université israélienne Reichman. Les tensions se sont particulièrement manifestées durant la dernière semaine de janvier, où des CRS sont entrés dans un amphithéâtre pour déloger des étudiants qui menaient un blocage.
En raison de la situation, Jean-Philippe Heurtin, président de l'établissement a confié au Parisien que l'idée d'une démission lui "a traversé l'esprit", a-t-il confié au Parisien. Ajoutant: "Mais ça ne résoudrait rien à la situation. Au contraire, ça risquerait de plonger l’IEP dans une crise plus profonde encore. Mais si je deviens le problème, je n’hésiterai pas un instant à démissionner."
L'établissement était fermé une semaine
Vendredi 31 janvier, un élève avait été blessé au visage lors de l'intervention des forces de l'ordre et le président de Sciences Po Strasbourg Jean-Philippe Heurtin avait annoncé la fermeture de l'établissement pour la semaine suivante.
Après plusieurs annulations, un rendez-vous devait finalement avoir lieu ce lundi matin, à 11h entre les étudiants mobilisés et le directeur. Le sujet du comité d'étude des partenariats sera notamment sur la table.
"Pour Reichman, à voir si ce sera évoqué, c'est le point qui coince le plus", confie un étudiant mobilisé à BFMTV.com. "J’y vois une petite ouverture, à condition que ce qu’ils mettent en avant soit acceptable et que le bâtiment ne soit pas bloqué", indique Jean-Philippe Heurtin au quotidien francilien.
"Je le referais"
Le directeur dit regretter des "erreurs de communication" dans le conflit qui l'oppose à des élèves et professeurs. Ces derniers soulignent la position "pro-guerre" de l'établissement et ses liens avec l'armée, au regard du conflit avec le Hamas.
À l'issue d'un vote du conseil d'administration en juin dernier sur le rétablissement du partenariat, six enseignants en ont démissionné. Ce à quoi Jean-Philippe Heurtin répond: "J’aurais pu me défausser, mais j’entendais prendre mes responsabilités. Si c’était à refaire, je le referais."
Le président dit regretter le manque d'une "travail intellectuel sur la situation en Israël et à Gaza". Un étudiant, membre du conseil d'administration, joint par BFMTV.com déplore de son côté la "méthode de la direction de faire communiqué sur communiqué sans laisser le temps de vraiment se parler et d'échanger".
Des ruptures "profondes"
"Il y a des ruptures profondes qui ne s’effaceront pas… en tout cas pas de sitôt. Je me suis senti insulté par un certain nombre de collègues", poursuit Jean-Philippe Heurtin.
Après la réunion, une nouvelle assemblée générale est prévue à 13h ce lundi par les étudiants mobilisés, qui débrieferont la réunion et pourraient décider de futures actions.













