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"Une catastrophe": dix brebis blessées ou tuées après une attaque de loups à Hyères

BFM Var Marie Bebais avec Charlotte Lesage
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Une nouvelle attaque de loups a eu lieu dans la nuit de mercredi 10 à jeudi 11 janvier sur un troupeau de brebis. Dix bêtes ont été tuées, blessées ou ont nécessité une euthanasie.

Trois attaques de prédateurs en seulement dix jours. Le cheptel de Thomas Charrier a été une nouvelle fois attaqué par plusieurs loups dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 10 janvier entre Hyères et La Londe.

L'éleveur ovin et caprin a découvert dix de ses brebis mortes ou sérieusement touchées aux organes vitaux à l’aube. “Une catastrophe”, résume Thomas Charrier invité sur BFM Toulon Var.

Une situation "invivable"

"Des bêtes noyées dans le Gapeau, d’autres retrouvées éparpillées de partout. Des bêtes consommées, d’autres juste blessées qu’il a fallu abattre, car elles étaient mortellement blessées", détaille-t-il. Une situation "invivable" et tristement connue du berger.

Thomas Charrier a perdu 50 bêtes en un an: 47 depuis le mois d’août dernier. Depuis le début de l’année, 13 bêtes ont été tuées au cours d’une attaque de loups. "Ça a commencé le lendemain du jour de l’an", déplore-t-il impuissant.

Ces bêtes sérieusement blessées, tuées ou égarées, les brebis apeurées prenant parfois la fuite au cours des attaques, ont un coût pour l’éleveur. Le préjudice de l’attaque survenue dans la nuit de mercredi à jeudi est estimé à 2.500 euros.

Un remboursement sous quatre mois

Ces préjudices financiers, absorbés grâce à la nouvelle réforme, contraignent les bergers à anticiper. La législation offre aux victimes d’attaques de prédateurs "des remboursements qui s’effectuent sous 120 jours, détaille Thomas Charrier. En quatre mois, nous sommes remboursés ce qui est déjà plus intéressant que les autres années".

Ce remboursement "est plus avantageux pour nous car on peut renouveler le cheptel qui a été tué par le prédateur". "On arrive à acheter une fois qu’on a reçu les indemnisations donc indirectement on n’a pas de perte sèche", poursuit-il.

Chaque année toutefois, Thomas Charrier conserve un pécule "pour racheter les bêtes que le loup va éventuellement nous prélever". Selon lui, les bergers se gardent annuellement "entre 5.000 euros et 10.000 euros pour racheter les bêtes qui ont été tuées pour conserver un quota fixe d’animaux".

Un tiers des loups de France recensés dans la région

Thomas Charrier a racheté dix brebis la veille de l’attaque. "Ironie du sort, le nombre de bêtes qui ont été tuées dans la nuit de mercredi à jeudi correspond exactement au même nombre de bêtes que j’ai achetées hier, confie-t-il. On n'arrive pas à renouveler le cheptel que le prédateur nous prélève."

L’office français de la biodiversité estime à 24 le nombre de meutes de loups présentes dans le Var. Sur les 1.100 loups recensés en France, un tiers se trouve en Provence-Alpes-Côte d’Azur.