Saint-Tropez: la taxe sur les résidences secondaires majorée jusqu'à 60%

À cette période de l'année, il n'est pas rare de croiser des volets fermés à Saint-Tropez. Dans la commune varoise, 72% des appartements ou villas sont voués à une utilisation secondaire. Le village ne s'éveille qu'au printemps et se rendort à la rentrée. Et la tendance n'est pas à l'amélioration.
Selon France Bleu Provence, Saint-Tropez a perdu 30% de sa population en l'espace de 15 ans. Aujourd'hui, le nombre de Tropéziens s'élève à 3600, contre 4700 en 2018. On en comptait plus de 6100 à la fin des années 60.
Sylvie Siri, maire de la commune depuis 2020, ne se résout pas à cette situation. L'édile ambitionne de repeupler Saint-Tropez à travers une politique de logement et vise la construction de 50 logements d'ici trois ans, le double d'ici cinq ans.
"Je n'ai plus le choix"
Pour financer ce projet, le conseil municipal a décidé de majorer la taxe d'habitation portant sur les résidences secondaires à compter du 1er janvier prochain. Cette augmentation pourrait atteindre jusqu'à 60% selon les cas. Sylvie Siri espère ainsi dégager 3,6 millions d'euros.
"Je ne pensais pas devoir prendre un jour une telle décision, reconnaît-elle auprès de nos confrères. Mais aujourd’hui, je n’ai plus le choix car notre village perd ses familles et c’est inacceptable."
Si bien que onze classes ont dû fermer leurs portes au cours des dix dernières années, faute d'élèves, précise-t-elle.
Recourir au droit de préemption
Peggy Bancquart, agente immobilière et gérante de "L'agence tropézienne", illustre les bienfaits de cette mesure fiscale.
"Ça pourrait permettre d'une part de construire des logements, mais également, par exemple, d'utiliser le droit de préemption, développe l'intéressée au micro de BFM Toulon Var. Lorsqu'un bien a été vendu, la mairie peut utiliser ce droit de préemption pour l'acheter et lui permettre de loger du personnel de la ville ou des gens qui travaillent ici, des familles."
Les entreprises locales voient d'un bon œil la décision de la mairie. Car la pénurie de logements a des répercussions sur l'emploi.
"Pour les salariés, c'est l'enfer"
"Pour les salariés, c'est l'enfer, reconnaît Stéphane Jarniac, gérant chez CNB Villanova, une concession de bateaux. Quand on voit les groupes sur les réseaux sociaux, les demandes qu'il y a, elles sont disproportionnées au nombre de logements disponibles. Avec tous les groupes qui ont maintenant de nombreux restaurants, de nombreux hôtels, énormément de salariés, c'est difficile pour loger tout le monde."
Cette pénurie a "un impact financier énorme sur nos budgets et sur l'organisation de nos sociétés", conclut le concessionnaire.
Les propriétaires d'une résidence secondaire à Saint-Tropez seront avisés de la majoration de la taxe d'habitation par voie postale dans les prochains jours.













