Meurtre de Diego Bodin: comment "le rôle des médias" a été déterminant dans la résolution de l'affaire

Ce mardi 8 avril, l'affaire portant sur le meurtre de Diego Bodin, survenu le 14 février 2014, a été marquée par l'arrestation d'un suspect, qui a reconnu le lendemain être l'auteur des faits.
Cette interpellation intervient 11 ans après le crime. Elle a été provoquée par la parution, en mars dernier, d'un article dans les colonnes de Var-Matin qui a permis au dossier de quitter le rayon des "cold case".
Un témoin libéré des craintes de représailles
En 2014, Diego Bodin meurt tué de 32 coups de couteau au domicile familial situé au Brusc à Six-Fours-les-Plages. Son corps avait été découvert par l'une de ses sœurs. L'arme du crime n'avait pas été retrouvée et aucun mobile n'avait été privilégié à l'époque.
Alors que l'enquête a patiné durant des années, un témoin s'est manifesté dans l'article publié par le quotidien pour donner sa version des faits. Son récit a donné une tout autre tournure à l'enquête et a permis à la police judiciaire de Toulon de résoudre le meurtre.
"C'est quelqu'un qui n'avait jamais été entendu", explique Samuel Finielz, procureur de la République de Toulon, à BFM Toulon Var.
"Le temps a fait son œuvre. Les liens qu'il y avait entre certaines personnes sont distendus. Chacun fait sa vie de son côté. Et ce témoin s'est senti beaucoup plus libre de pouvoir témoigner sans crainte d'éventuelles représailles", ajoute-t-il.
Le rôle non-négligeable des médias
Le suspect principal dans ce dossier était déjà sur la liste des pistes de la police. Si son ADN avait été retrouvé sur les lieux, aucun élément déterminant n'avait permis d'incriminer formellement cet ami de la victime, âgé de 20 ans au moment des faits.
"C'est là où on mesure le rôle des médias dans ce genre d'affaires. Re-raconter des événements peut raviver des souvenirs et, parfois, c'est le cas ici, cela permet à des gens de se manifester pour éclairer sur la vérité", avance Guilhem Ricavy, directeur délégué de Var-Matin.
Après ses aveux, le Montpelliérain a été mis en examen pour homicide volontaire et placé en détention provisoire. Un meurtre qu'il explique par la consommation de drogues, notamment de champignons hallucinogènes, qui l'auraient conduit à tuer Diego Bodin.













