BFM Var

Fréjus: le maire RN interdit le burkini dans les piscines et sur les plages de sa commune

BFM Var Clarisse Martin , Journaliste BFMTV
David Rachline, le 28 avril 2022 à Fréjus

David Rachline, le 28 avril 2022 à Fréjus - Valery HACHE / AFP

Téléchargez la nouvelle app
David Rachline, maire Rassemblement national, annonce ce jeudi soir prendre cette décision en réaction à la délibération de la ville de Grenoble lundi.

Trois jours après l'autorisation du port du burkini dans les piscines municipales à Grenoble, décision qui a provoqué une polémique nationale, le maire Rassemblement national (RN) de Fréjus, David Rachline, annonce ce jeudi avoir décidé d'interdire le port de ce vêtement "dans les piscines et pour la baignade sur les plages fréjusiennes".

"J'ai pris connaissance avec stupeur de l'autorisation donnée par le maire de Grenoble d'autoriser le burkini dans les piscines de sa commune, écrit l'édile d'extrême droite dans un communiqué.

Plus largement, la modification du règlement intérieur des piscines municipales à Grenoble permettra à tous les baigneurs de porter un maillot les protégeant du soleil, et donc un burkini, ainsi qu'aux femmes de se baigner seins nus si elles le désirent.

"Provocation électoraliste" pour Rachline

Pour David Rachline, la décision prise par la majorité écologiste grenobloise avec à sa tête l'EELV Éric Piolle va à l'encontre du "principe républicain fondamental de laïcité". "L’autorisation expresse du burkini, n’est ni plus ni moins qu’une provocation électoraliste à ressort communautariste, mise en œuvre par la gauche radicale", poursuit le maire varois.

"J’y vois là une complaisance coupable avec l’islamisme radical, à des fins électoralistes et au mépris de la cohésion nationale", tance aussi David Rachline.

"Afin que les choses soient clairement affirmées, j’ai décidé, en tant que maire de Fréjus, garant de l’hygiène comme de la sécurité publiques, de modifier les arrêtés correspondants pour y préciser explicitement l’interdiction du burkini", déclare David Rachline.

En 2016, le maire Les Républicains de Cannes David Lisnard avait pris un arrêté anti-burkini sur les plages de sa commune. La décision, qui avait été aussi prise dans des communes comme Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes), avait finalement été retoquée par la justice administrative après un avis du Conseil d'État.

Le Pen trouve que Rachline a "raison"

"S'il la prend (cette décision), c'est qu'il considère qu'il a les moyens juridiques pour défendre sa position et je trouve qu'il a raison de le faire. Moi je suis contre le voile dans l'espace public, vous imaginez bien que je suis contre le burkini sur les plages", a réagi dans la foulée Marine Le Pen, sur le plateau de BFMTV, estimant qu'il y avait "urgence" de légiférer sur la question.

Dimanche soir, à la veille du vote de la municipalité grenobloise, le préfet de l'Isère avait fait savoir qu'il saisirait le tribunal administratif de Grenoble, sur instruction du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, afin de bloquer la mesure.