"Uber Shit": Uber "déplore" l'utilisation de sa marque par Gérald Darmanin

A Marseille, le nom Uber fait de moins en moins référence aux livraisons de repas et de courses. Depuis plusieurs jours, le terme "Uber Shit" est entré dans le débat public après que Gérald Darmanin l'a repris à son compte.
Le ministre de l'Intérieur a lancé un plan d'action pour venir à bout des livraisons de drogues à domicile. Une activité illégale que le membre du gouvernement a rebaptisée "Uber Shit". Une dénomination qui détourne le nom d'Uber Eats, provoquant l'indignation de l'entreprise de livraisons de repas.
"Nous déplorons l'utilisation de l'expression 'Uber Shit' qui risque de générer un amalgame dont pourraient pâtir les livreurs indépendants qui utilisent notre application", détaille à Tech&Co un porte-parole d'Uber.
Des commandes passées via des messageries
Pour l'entreprise, l'expression "Uber Shit" fait davantage référence à l'ubérisation que directement à son nom. L'ubérisation est une remise en cause du modèle économique à travers l'utilisation de travailleurs indépendants, notamment grâce à des plateformes de réservation sur internet.
D'ailleurs, les activités illégales de vente et de livraison de drogue désignées par "Uber Shit" s'organisent sur des applications autres qu'Uber Eats. Elles se retrouvent ainsi sur des messageries - le plus souvent chiffrées - telles que Whatsapp, Telegram, Signal ou encore Snapchat. Le phénomène existerait "depuis des années", selon Jérôme Pierrat, spécialiste du grand banditisme.
Surtout, Uber Eats rappelle à Tech&Co que ses conditions d'utilisation interdisent aux livreurs et aux clients d'utiliser l'application "pour commettre ou tenter de commettre un délit comme le transport ou le trafic de drogue."
"Nous adoptons une approche de tolérance zéro à l'égard de tout comportement illégal sur l'application", assure Uber.
Uber Eats rappelle disposer de 1.300 livreurs à Marseille et collaborer avec 1.450 restaurants et commerces dans la ville phocéenne.