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Superflu et coûteux: on a testé l'abonnement Twitter Blue (et perdu 10 euros dans l’affaire)

BFM Business Julie Ragot
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La certification payante de Twitter a fait son apparition chez les internautes français depuis quelques semaines. Le temps de tester les quelques bonnes fonctionnalités, mais surtout d’être déçu.

On peut en faire des choses avec 10 euros: acheter son repas du midi, se faire une séance de cinéma mais aussi s’abonner à Twitter Blue, la certification payante du réseau social d’Elon Musk.

Enfin s’abonner oui, mais après quelques réquisitions préalables. Il ne faut en effet pas avoir changé son nom ou sa photo de profil dans les trois derniers jours. Arrive le fameux moment de rentrer son moyen de paiement. Nous choisissons l’abonnement mensuel (on ne sait jamais de quoi demain sera fait avec Elon Musk, mieux vaut ne pas s’engager sur une année) et par ordinateur, histoire d’éviter les surcoûts liés aux conflits d’Elon Musk avec Apple et Google.

Coût officiel de l’opération: 8 euros. Coût officieux numéro 1: 9.60 euros. Puisque la TVA n’est pas indiquée dans la communication. Coût officieux numéro 2: 9.98 euros, après les surcoûts bancaires liés à cet achat hors Union Européenne.

Twitter Blue comporte de nombreux coûts supplémentaires, loin des 8 euros annoncés
Twitter Blue comporte de nombreux coûts supplémentaires, loin des 8 euros annoncés © Capture d'écran / Tech&Co

Pas de badge automatique

Première surprise après activation de l’abonnement: pas d’apparition de coche bleue à côté du nom. Il nous faudra attendre au final… 7 jours avant de voir apparaître le badge, pourtant LE symbole de cette certification. La raison: pour être vérifié, il faut être approuvé par les équipes de modération de Twitter, plus vraiment nombreuses après les licenciements effectués par Elon Musk.

Après 7 jours d'attente, la coche bleue apparaît enfin.
Après 7 jours d'attente, la coche bleue apparaît enfin. © Capture d'écran / Tech&Co

En attendant le badge tant attendu, place à l’exploration des fonctionnalités proposées. Au programme: images de profil NFT, publication de vidéos d’une heure en full HD ou encore une fonctionnalité "Lecture" permettant un visionnage des longs fils de tweets plus lisible. Des fonctions peu utiles pour la grande majorité des utilisateurs du réseau social.

Un onglet "Articles populaires" recense également les articles de presse relayés à plusieurs reprises par les comptes que l’on suit ou des comptes annexes. Une fonction qui aurait pu être un bon outil informationnel mais qui au final compile souvent les mêmes médias.

L'onglet "Articles populaires" recense des articles de presse partagés.
L'onglet "Articles populaires" recense des articles de presse partagés. © Capture d'écran / Tech&Co

L’onglet "Audio" est également renforcé avec des podcasts, sur différents thèmes (actualités, technologie, sport, cinéma, économie…) mais également des replays de spaces, les conférences audio de Twitter. Il est aussi possible de définir des rappels sur des Spaces à venir.

L'onglet "Audio" s'enrichit de podcasts.
L'onglet "Audio" s'enrichit de podcasts. © Capture d'écran / Tech&Co

Des tweets plus laborieux

Mais la grande révolution apportée par Twitter Blue repose bien sûr sur la modification de tweets. L’abonnement offre en effet la possibilité d’éditer ses tweets jusqu’à cinq fois, dans les trente minutes qui suivent la publication. Si l’idée séduit au premier abord, on se rend vite compte qu’elle est assez futile et rarement utilisée. L’habitude de supprimer et refaire son tweet peut refaire surface et est au final aussi rapide, mais surtout beaucoup moins onéreuse.

L’autre ajout apporté par Twitter Blue concernant les tweets repose sur la possibilité d’annuler un tweet avant qu’il ne soit publié. Injures regrettées ou erreur dans le message: Twitter Blue lance un chronomètre de 30 secondes à compter du moment où l’utilisateur clique sur le bouton "Tweeter". Un chronomètre qui peut être raccourci en appuyant à nouveau sur "Envoyer", mais qui complexifie et rallonge le processus d’envoi de tweets, surtout lorsque l’on souhaite échanger rapidement.

Un chronomètre s'affiche à chaque envoi de tweet.
Un chronomètre s'affiche à chaque envoi de tweet. © Capture d'écran / Tech&Co

Une des promesses de cette souscription payante est aussi de mettre davantage en avant les tweets des abonnés dans les fils d’actualités des autres utilisateurs. Une mesure difficilement quantifiable et observable tant les fils d’actualités sont sans cesse remaniés, notamment avec le récent ajout de l’onglet "Pour vous", actualisé en permanence de tweets censés plaire à l’internaute.

De l’esthétique plus que du pratique

Les adeptes de la personnalisation poussée pourront toutefois être satisfaits avec Twitter Blue. Comme sur l’interface web, il est possible de choisir la couleur des boutons et hyperliens parmi six couleurs, rendant l’application mobile plus agréable. Autre personnalisation possible: celle du logo de l’application sur votre écran d’accueil. Mais là encore, il ne s’agit que d’une fonction très anecdotique.

Twitter Blue permet de choisir l'icône de son application mobile.
Twitter Blue permet de choisir l'icône de son application mobile. © Capture d'écran / Tech&Co

La seule personnalisation vraiment intéressante reste celle de la barre de navigation située en bas de l’application. Twitter n’a eu de cesse de la modifier au fil des mois et des années, enlevant et rajoutant des raccourcis parfois jugés inutiles par les utilisateurs. Twitter Blue permet ainsi de choisir de 2 à 6 éléments (notifications, Explorer, messages privés, communautés, listes, Spaces, signets…) à afficher, ainsi que leur ordre d’apparition sur la barre du bas (simplement en coulissant les icônes).

Twitter Blue offre une navigation personnalisée pour le bas de l'application.
Twitter Blue offre une navigation personnalisée pour le bas de l'application. © Capture d'écran / Tech&Co
Navigation personnalisée réalisée grâce à Twitter Blue
Navigation personnalisée réalisée grâce à Twitter Blue © Capture d'écran / Tech&Co

En bref, Twitter Blue aurait pu être un outil intéressant pour une utilisation plus agréable et personnalisée du réseau social. Mais à 11 euros par mois, on espère plus (beaucoup plus !) que quelques boutons colorés et autres gadgets au final peu utiles et utilisés.