On a testé la PS5 Pro: une console de jeu à 800 euros a-t-elle vraiment un sens?

Près de quatre ans après l’avènement des consoles de dernière génération, l’heure est déjà venue de passer à la vitesse supérieure. Leader incontesté du marché, Sony en remet une couche en livrant la Playstation 5 Pro, version plus puissante que le modèle original, sans pour autant changer totalement la donne.
Une amélioration notable, pas une révolution, qui se paie néanmoins le prix fort: 800 euros, le tarif le plus élevé jamais déboursé pour une console de salon. Le changement vaut-il le coût ? C’est ce que le constructeur japonais espère.
On aime
Moins grosse que la PS5, mais quand même
Sony ne rompt pas avec sa ligne initiée en 2020. La PS5 Pro ressemble à la PS5 Slim qui ressemblait déjà à la PS5. Elle a le même design noir et blanc, mais chaque côté est barré d’une triple ouverture noire latérale pour laisser évacuer la chaleur. Si elle est plus grande que la PS5 Slim, elle est nettement moins épaisse que la PS5, même sans son lecteur de disque. Mais elle embarque désormais 2 To de stockage pour pouvoir mettre encore plus de jeu (1,8 To d’espace réellement disponible), que vous pourrez monter à 8 To en ajoutant un SSD supplémentaire.
Elle est équipée comme la petite version de deux ports USB-C en façade et de deux ports USB-A au dos, accompagnés d’une prise HDMI 2.1 et d’un port Ethernet. La manette fournie est la même que sur les précédentes consoles et toutes les versions PS5 sont évidemment compatibles. En revanche, pas de socle fourni (30 euros en sus). Comme la précédente, la PS5 Pro doit se contenter de deux targettes en plastique pour la tenir éventuellement à l’horizontale.
Plus puissante
La PS5 Pro était attendue sur le terrain de la puissance, même si Sony a prévenu en amont que ce ne serait pas un saut générationnel. Il apparaît clairement manette en main qu’elle est un monstre de puissance et de performances. Son GPU embarque 67% d’unités de traitement supplémentaires et une mémoire 28% plus rapide. Il en résulte des jeux beaucoup plus fluides, plus beaux aussi avec l’arrivée du ray tracing sublimé. Sur les titres les plus gourmands, cela se ressent tout de suite et l’immersion s’en trouve nettement améliorée.

Le SSD de la PS5 Pro est aussi plus rapide et cela va se ressentir dans le chargement des jeux ou bien encore leur lancement. Sony avait promis qu’on passerait moins de temps à attendre et plus à jouer. C’est bien le cas, épaulé par une compatibilité avec le Wifi 7 qui fera le bonheur de votre connexion si vous avez une box et/ou un routeur compatible.
Seul bémol: la PS5 Pro a tendance à faire un peu plus de bruit, mais rien de dérangeant comme ce put être le cas sur la toute première. On a aussi noté une chauffe sur le bas de la console qui en découle lorsqu’elle turbine.
Le PSSR a de beaux jours devant lui
L’un des ajouts majeurs de la PS5 Pro, c’est le PlayStation Spectral Super Resolution (PSSR), une fonction d’upscaling à l’IA. Tous les jeux vont devenir (pratiquement) 4K ou plutôt être affichés dans une résolution plus élevée que celle rendue nativement par la console et proche de la 4K, mais en maintenant un framerate fluide. Les images sont plus nettes et plus détaillées, car l’IA reconstruit les pixels manquants, imagine les détails qui devraient être là.
Le PSSR fluidifie ainsi l’expérience de jeu et il s’applique ainsi à tous vos jeux PS5, même ceux qui ne sont pas encore optimisés pour la PS5 Pro. Il profite surtout aux jeux les plus exigeants en ressources graphiques, sur lesquels on cherchera à privilégier le mode Performance. C’est notamment le cas sur Gran Turismo 7, qui propose un mode performance en 120 images par seconde qui rend la course plus fluide. On est très proche du DLSS de Nvidia, mais en version console et déployé par Playstation.
Des jeux plus beaux
Malgré la puissance offerte, l'embellissement des jeux n'est pas toujours évident. Il faut un temps - et aller se replonger dans la version PS5 de certains - pour réaliser les prouesses permises par la PS5 Pro, notamment avec le ray tracing bien plus marqué. La liste des premiers jeux optimisés est déjà longue, mais certains ont retenu notre attention pour diverses raisons.
Un titre comme Spider-Man 2, déjà bluffant sur PS5, ne va pas vous décrocher la mâchoire sur PS5 Pro. Néanmoins, le bluffant devient ici somptueux, avec des petits riens visuels (un mode Fidélité Pro avec ray tracing à 30 fps notamment, le mode Performance Pro à 60 fps grâce au PSSR) qui apportent encore plus de réalisme à la ville de New York.
Ça n’a l’air de rien (des détails dans les cheveux, dans la foule de la rue, la vie…), mais ça immerge encore plus dans le jeu en le rapprochant d’une forme de réalité. Sur le jeu d’Insomniac Games, c’est le ray tracing déjà efficace qui s’enrichit un peu plus quand on tente de grimper un immeuble et de regarder à l’intérieur des appartement, ou profiter du coucher du soleil depuis un building. C’est visible sur une TV 4K, mais vous en profiterez pleinement si votre écran est compatible VRR 120 Hz.

Parmi les claques graphiques, en revanche, Final Fantasy VII est au rendez-vous. Square Enix sort sur PS5 Pro une version à 60 fps en mode Performance (Pro) et Fidélité. Le jeu prend une autre dimension. Si vous ne l’aviez pas découvert sur PS5, il fait partie des incontournables en version PS5 Pro, notamment en mode Versatilité. Le PSS5 fait des miracles pour améliorer le rendu, la fluidité et les performances, dans les grands espaces comme dans les environnements plus resserrés.
Les amateurs de jeu nerveux comme Demon’s Souls, adeptes du mode Performance de manière générale, seront ravis du passage à la PS5 Pro qui rend aussi le jeu plus beau, plus fluide sans compromis.
Jeu en pleine renaissance depuis son fiasco initial et sans cesse modernisé, No Man's Sky n'a pas raté le virage PS5 Pro et arrive avec son lot d'optimisations parfaites pour la virée spatiale. Et ce, même en 8K/30 fps, promettent ses créateurs ! Si vous ne l'aviez plus approché depuis ses débuts, c'est un tout nouveau jeu, encore plus sur la dernière console.
Il y a malgré tout quelques jeux qui ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne tourneraient pas toujours avec les 60 fps constants promis par Sony, comme Alan Wake 2. Le titre phare de Remedy a préféré privilégier le mode Qualité avec Ray Tracing, mais à 30 fps. Ce mode n’existe que sur PS5 Pro. En revanche, le mode Performance, bien plus efficace que son homologue sur PS5, va néanmoins profiter sur PS5 Pro du PSSR, avec plus de résolution et de détails visuels.
Certains jeux comme Hogwarts Legacy, Horizon Zero Dawn Remastered (récemment sorti et déjà très beau), Ratchet & Clank: Rift Apart donnent une impression de peaufinage, plus que de claque et ne profitent pas vraiment des prouesses de la PS5 Pro, tout en étant agréables à l’oeil (mais ils l’étaient globalement déjà).
On note que l’option Game Boost fait aussi du bien à des jeux PS4 en améliorant la qualité d’image pour les rendre encore plus compatibles visuellement avec une console de dernière génération.
On n’aime pas
Pas taillé pour tout le monde
Si vous n’avez pas d’écran 4K HDR, la PS5 Pro va perdre tout de suite un peu de sa superbe. C’est une console exigeante qui veut se parer des plus beaux atours pour se mettre en valeur. Cela ne veut pas dire que votre simple TV 4K avec prise HDMI 2.1 (le minimum) ne profitera pas des avancées technologiques de la console, mais sans les dernières technologies (VRR, HDR, 120 Hz...), l'écart risque de paraître moins impressionnant.
Pas possible d’utiliser ses précédentes plaques
Ce n’est peut-être pas important pour la majorité des joueurs, mais c’est tout de même à noter. Sony propose une PS5 Pro qui possède quelques traits communs avec la PS5 Slim, à commencer par la découpe de ses façades. Mais malheureusement, même si leurs tailles sont extrêmement proches (pour ne pas dire similaires), le système de fixation a été modifié et vous ne pourrez pas récupérer vos anciens modèles.
Le prix trop élevé
La PS5 Pro est aussi la console la plus chère jamais sortie par Sony. À 800 euros, soit 250 euros de plus que la PS5 Slim avec lecteur, il est difficile de voir la valeur de la différence tarifaire, même si elle affiche 2 To de stockage. Car le lecteur est en option (120 euros) et si vous tenez vraiment à vos versions physiques, il faudra rallonger ça à la facture. Le fabricant n’a pas fait d’effort sur les accessoires (socle, DualSense Edge…) pour mieux faire passer la douloureuse. À 100 euros de moins, elle aurait peut-être été plus à sa place. Car à combien va se monter le saut technologique de la PS6 ?
Conclusion
De la PS5 Pro, on retient surtout son prix. À 800 euros, il faut avoir du répondant pour justifier l’achat. Si l’on peut saluer les prouesses techniques, la recherche d’optimisation à l’IA et le reste, cela reste une somme pour une amélioration de milieu de génération.
En elle-même, la PS5 Pro peut les valoir. Le PSSR va forcément s’améliorer avec le temps et rendre tous les jeux encore plus beaux, même sans qu’ils ne soient taillés initialement pour la console. Mais pour profiter de tout cela, il faut avoir l’équipement qui va avec (une TV 4K HDR Dolby Atmos 120 Hz avec VRR dans un monde idéal).
La PS5 Pro ne s’adresse donc pas à tout le monde. Si vous avez déjà les jeux qui éblouissent à votre catalogue, que vous êtes férus de performances, de fluidité et d’images parfaites, vous pouvez foncer. Si vous êtes un joueur assidu, mais pas forcément ultra exigeant, la PS5 Slim fait encore largement le boulot correctement. Le reste, c’est du bonus… onéreux.