Mal paramétrée, l’application anglaise de traçage numérique échoue à alerter ses utilisateurs

Un homme portant un masque de protection se tient à un carrefour à Liverpool (Angleterre) près d'un panneau avertissant les piétons de "maintenir la distanciation spciale", une des mesures barrière contre le Covid-19, le 2 octobre 2020 - Oli SCARFF © 2019 AFP
Elle fait partie des applications de traçage numérique les plus téléchargées au monde. Pourtant, Test and Trace, utilisée en Angleterre et au Pays de Galles, a pour l'heure failli à sa mission première: informer ses utilisateurs d'une potentielle contamination à la Covid-19.
Des "milliers" d'utilisateurs n'auraient ainsi pas reçu de notification pour les alerter. Autant de personnes qui n'ont pas été invitées à aller se faire dépister ou à se mettre en quarantaine, et donc à la limiter la propagation de l'épidémie.
Pour rappel, le service a été lancé le 24 septembre et a depuis été téléchargé 19 millions de fois. L'application devance en cela de loin son homologue française dont la seconde version, TousAntiCovid, a engrangé 7 millions de téléchargements.
Une opportunité manquée
Le fonctionnement est le même, à quelques exceptions près. L'application s'en remet au Bluetooth des smartphones pour repérer les utilisateurs à proximité, et envoyer une notification si l'un d'entre eux s'est déclaré positif à la Covid-19, à la suite d'un test en laboratoire. Elle repose par ailleurs sur une interface conçue par Apple et Google, ce qui la distingue de l'application française.
En l'occurrence, le manque d'efficacité de Test and Trace est le fruit d'un mauvais paramétrage, de l'aveu-même du gouvernement. D'après le Guardian, le temps d'exposition - et donc de proximité avec une personne contaminée - à atteindre avant d'envoyer une notification était cinq fois supérieur aux recommandations du NHS, le système de santé publique britannique.
L'application prenait par ailleurs en compte le fait que les utilisateurs de l'application étaient plus contagieux peu de temps après l'apparition de leurs symptomes, et bien moins par la suite. Cette considération est venue biaiser l'envoi de notifications.
Les concepteurs de l'application ont mis le doigt sur cette faille la semaine passée. Le gouvernement se refuse par ailleurs à dévoiler le nombre de notifications envoyées, qui pourrait s'avérer dérisoire.