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Les pays riverains de l'Amazonie perdent une bataille contre Amazon

BFM Business Frédéric Bergé avec AFP
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L'entreprise Amazon a bien le droit de déposer des noms de domaine internet en ".amazon". Une décision de l'Icann américaine qui déplaît à plusieurs pays d'Amérique du Sud riverains de la forêt d'Amazonie en lutte contre le groupe américain depuis sept ans.

Si la forêt amazonienne a inspiré le nom du géant américain de l'e-commerce, celui-ci va aussi pouvoir demander d'utiliser l'extension ".amazon" sur Internet. Ainsi en a décidé l'organisme américain (Icann) qui gère au niveau mondial les noms de domaine (.com, .gov,...) utilisés sur la toile mondiale.

Un litige oppose de longue date sur ce sujet Amazon et plusieurs pays abritant la forêt amazonienne (dont le Brésil, le Pérou, la Colombie et l'Équateur). Ces nations s'inquiètent de l'usage qu'une entreprise privée aussi puissante qu'Amazon pourrait faire de l'extension internet ".amazon" en rapport avec le patrimoine culturel et naturel de la région. "En raison de sa relation sémantique indissociable de la forêt d'Amazonie, ce domaine ne devrait être en aucun cas le monopole d'une entreprise", plaidait le ministère des Affaires étrangères brésilien en mars 2019.

L'Icann avait prévenu qu'en l'absence d'accord entre l'entreprise et les pays qui contestent cette demande de nom de domaine, elle déciderait elle-même.

Amazon peut déposer l'extension internet ".amazon"

Et, de fait, l'organisation a décidé d'instruire normalement la demande de dépôt de noms de domaine "amazon" et ses variantes par le géant américain. Elle sera actée après une période de 90 jours lors de laquelle les parties intéressées peuvent envoyer leurs commentaires ("Public comment") à l'Icann.

Celle-ci tient notamment compte du fait que le géant américain s'est engagé à ne pas se servir de noms de domaine "amazon" dans un contexte où il s'agit clairement de l'Amazonie ou encore à laisser aux pays d'Amazonie la jouissance de plusieurs noms de domaine dérivés, "à des fins non commerciales" et pour améliorer la visibilité de cette région menacée.

Le ministère des Affaires étrangères brésilien a regretté hier lundi 20 main, la décision de l'organisme américain et "craint" qu'elle "ne tienne pas suffisamment compte de l'intérêt public défini par huit gouvernements (d'Amérique du sud), en particulier de la nécessité de défendre le patrimoine naturel, culturel et symbolique des pays et des peuples de la région amazonienne".