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Le traitement des données arrive aussi dans le rugby français

BFM Business Zino Tissier
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La Fédération Française de Rugby vient d’annoncer son partenariat avec SAS, leader dans l’analytique, afin d’accompagner le XV de France.

Ce n’est plus un secret, la technologie fait l’unanimité dans le monde du sport. La Tech s’invite sur tout type de terrain, et de plus en plus dans le milieu de l’ovalie. L’entreprise SAS, leader dans l’analytique et la Fédération Française de Rugby (FFR) officialisent leur partenariat.

L’idée de cette collaboration émane de Christophe Galthié, sélectionneur du XV de France de rugby et de son staff, juste après le Tournoi des Six Nations 2021. Il a discuté avec les équipes de SAS, spécialiste dans l’analytique et la gestion des données, pour les utiliser afin d’améliorer les performances des Bleus.

L’analytique? C’est l’utilisation des données pour améliorer les performances d’une équipe, en l’occurrence le XV de France de rugby. Dans d’autres sports, cette méthode est déjà présente depuis le début des années 2000 comme dans le football. Autrement appelée "méthode globale", pour le ballon rond. "La Fédération Française de Rugby avait pléthore de données. Avec une équipe déjà en place qui cherchait à structurer un petit peu ces données. Le rugby, c’est un sport avec plusieurs entraîneurs. (…) Nous sommes arrivés avec notre plateforme Viya qui a permis de restructurer les données", explique Jean-François Sebastian, directeur général de SAS France, sur le plateau de Tech&Co.

Le développement des données GPS permet, par exemple de connaître les performances individuelles comme calculer la fréquence cardiaque, les distances parcourues ou encore la vitesse des joueurs, tout ça pour optimiser les performances des Bleus. Comme le rappelle le DG de SAS France: "il (Fabien Galthié) avait une volonté très forte de développer l’analytique et de faire de la France le leader mondial de l’analytique pour son équipe."

Un outil qui améliore les performances des joueurs

Dans le sport professionnel, les performances passent par des informations de plus en plus précises sur les joueurs ou athlètes pour faciliter le travail des préparateurs physiques. Au rugby, le travail musculaire est primordial et de plus en plus au plus haut niveau. Ces données permettent de connaître quotidiennement le poids d’un joueur, sa masse graisseuse ou encore sa masse musculaire. Et en fonction des résultats, le préparateur physique donne plus ou moins de charge de travail au joueur. Un travail individuel qui apporte de meilleurs résultats collectifs.

Cet outil permet également de développer des actions de jeu collectif comme la touche, la mêlée ou encore le jeu au pied. Une équipe de rugby est composée de joueurs jouant par secteur. Les avants (n°1 à 8) et les arrières (n°9 à 15). Des séquences de jeu en groupe et spécifiques à des secteurs de jeu bien précis.

"On a commencé par la touche avec l’entraîneur de la touche, Karim Ghezal, sur le lancer de touche, la vitesse de la balle, le positionnement des joueurs, etc… Et puis après on s’est attaqué à la mêlée, aux fautes. On va même jusqu’à analyser le jeu de l’arbitre, savoir à quoi il est sensible, sur les cartons distribués ou non", souligne Jean-François Sebastian. Ces éléments une fois récupérés permettent aux entraîneurs d’étudier et d’optimiser les performances des joueurs.

Ce suivi avec cet outil est une aubaine pour Christophe Galthié et ses joueurs qui marchent sur l’eau depuis le 6 novembre 2021, 13 matchs consécutifs sans défaite et un Grand Chelem 2022 à la clé. La technologie fait désormais partie prenante du monde du sport et permet aux athlètes professionnels de réaliser de meilleures performances comme le démontre le XV de France depuis plus d’un an.