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"La Formule 1 des cieux": avec Drone Racing League, la course de drones veut prendre son envol

BFM Business Luc Chagnon
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Lancée en 2015, la Drone Racing League veut promouvoir une discipline qui mêle jeu vidéo et Formule 1. Un sport qui allie circuits physiques, simulation virtuelle et sensations fortes.

Les moteurs vrombissent alors que les pilotes se ruent pour à passer la dernière porte. Sous les hurlements des spectateurs, les machines déboulent dans le virage en épingle, et se percutent dans un jet d'étincelles. Un seul pilote jaillit de son siège et retire son casque, le poing levé, emportant la victoire.

Il ne s'agit pas d'une course de Formule 1, ni d'un film ou d'un jeu vidéo – mais d'un peu tout ça à la fois. La Drone Racing League (DRL), la ligue internationale professionnelle de courses de drones, veut se faire une place en mêlant sport et high-tech. Une discipline qui entend bien poursuivre son ascension.

"DRL aspire à être la Formule 1 des cieux", résume à Tech&Co Ashley Ellefson, la cheffe des opérations de l'organisation, lors d'une visite dans leurs locaux de New York. C'est dans cet atelier que la ligue assemble et répare ses machines emblématiques: les Racer4, le modèle de drone utilisé par tous les pilotes lors des courses.

Les courses ne sont pas simples à suivre
Les courses ne sont pas simples à suivre © Drone Racing League

Une machine pensée pour allier vitesse et agilité, afin de fendre l'air le plus vite possible entre les différentes portes des circuits construits dans plusieurs stades à travers le monde. Des parcours où les pilotes s'affrontent par groupes de 6, mesurant leur maîtrise de la machine ainsi que leurs réflexes – jusqu'à désigner un ultime vainqueur.

"Le sport du futur"

Un principe somme toute assez classique. Mais un des éléments qui fait la particularité de ce "sport du futur", selon les mots d'Ashley Ellefson: les pilotes portent des lunettes qui diffusent les images d'une caméra montée sur le drone. De quoi vivre les virages, les accélérations, les coude-à-coude et les carambolages comme s'ils pilotaient le drone de l'intérieur. Des sensations rares, qui font que "certains le voient comme un jeu vidéo dans la vraie vie".

Une technologie qui fait de la course de drones "le sport de la génération high-tech", proclame Ashley Ellefson. Logique, donc, qu'une telle discipline organise aussi des courses virtuelles: la DRL possède son propre jeu vidéo disponible sur la plupart des plateformes, "développé principalement comme un outil d'entraînement, et qu'on utilise pour repérer de nouveaux pilotes". Ce cocktail permet d'attirer de nouveaux publics: "Plus de 70% de nos fans ne suivent pas les sports 'classiques'", souligne Ashley Ellefson.

Des pilotes de course de drones
Des pilotes de course de drones © Drone Racing League

Les courses de drones n'ont pas encore l'audience de sports indétrônables, mais "la dernière saison a battu tous les records", se réjouit Ashley Ellefson. Sur la saison 2022-2023, la DRL a cumulé l'an dernier plus de 260 millions de vues sur les réseaux sociaux, et la finale organisée à Miami a attiré près de 8000 personnes.

Une progression notable pour une discipline héritée de pratiques sauvages, des courses amateurs organisées dans des forêts à la voltige dans des bâtiments abandonnés, filmées et diffusées sur les réseaux sociaux. Certaines de ces vidéos précurseurs ont d'ailleurs été tournées en France, note Ashley Ellefson: "Ce sont ces vidéos qui m'ont convaincu de rejoindre DRL pour construire le sport du futur."

La ligue lancera bientôt sa huitième saison, en voulant mettre l'accent sur "les grands événements avec beaucoup de public" fragilisés par la crise sanitaire. Avec peut-être un passage en France? DRL a déjà organisé une course à l'Allianz Riviera de Nice en 2018, et l'un des pilotes actuels, Killian, est originaire de Dordogne. "On est toujours partants pour revenir !"