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L’humain a pris sa revanche face à la machine en écrasant l’IA au jeu de go

BFM Business Thomas Leroy , Journaliste BFM Business
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Sur un jeu réputé très complexe pour les intelligences artificielles, un homme a réussi à reprendre la main en écrasant son adversaire. Petit bémol: il a profité d’une aide extérieure.

Ce devait être le début de l’Apocalypse, la conquête de l’humanité par les machines, la fin de tout… Finalement, il faudra attendre un peu puisque l’être humain a miraculeusement pris sa revanche sur l’intelligence artificielle au jeu de go.

Ce jeu d’origine chinoise, particulièrement complexe, était l'un des derniers prés carrés des cerveaux biologiques jusqu’à ce qu'AlphaGo Zero, une IA développée par DeepMind, le laboratoire de Google, ne vienne punir par KO le champion Lee Sedol, en 2016.

Cette victoire est considérée comme une avancée majeure dans le domaine de l’intelligence artificielle tant les coups lancés par AlphaGo Zero ont surpris et impressionné, rappelant le match d’échecs légendaire entre Deep Blue et Garry Kasparov en 1997.

La machine pour vaincre la machine

L’affront a donc été lavé par Kellin Pelrine, un joueur américain pourtant très loin des meilleurs mondiaux. En réalité, l’homme a été bien aidé par une machine. Tel le Terminator revenu dans le passé pour détruire un robot plus puissant, c’est un programme informatique développé par l’entreprise FAR AI qui a trouvé la faille, raconte le Financial Times.

Car c’est exactement ce qu’il s’est passé. Le logiciel s’est entrainé contre KataGo, une IA open-source développée à partir d’AlphaGo Zero, pour repérer les faiblesses de la machine. Kellin Pelrine n’a eu plus qu’à appliquer à la lettre la stratégie.

Paradoxalement, la technique qui a trompé l’IA "serait assez facile à repérer par un humain" explique le grand vainqueur, qui a remporté 14 des 15 matchs.

"Cela montre une fois de plus que nous avons été beaucoup trop hâtifs pour attribuer des niveaux d'intelligence surhumains aux machines", explique au FT Stuart Russell, professeur d'informatique à l'Université de Berkeley. Reste que la faille sera probablement corrigée: le prochain match s’annonce plus épique encore.