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La Chine enclenche son plan "IA+" pour devenir la première nation tech au monde

BFM Business Sylvain Trinel
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La Chine a pour ambition de devenir le pays numéro 1 en matière de nouvelles technologies d'ici 2030. Elle lance un nouveau plan pour mieux structurer la création et l'application de ses avancées.

Entre les Etats-Unis et la Chine, ce n'est pas seulement une guerre commerciale qui est ouverte depuis plus de dix ans, c'est aussi une guerre technologique. Le conseil des affaires d'état chinois a annoncé la création d'un nouveau plan, baptisé "IA+".

Il vient remplacer le précédent, qui se nommait "Internet+" et se focalisait sur l'amélioration de la connectivité des infrastructures pour améliorer ses capacités de production, explique The Register.

La Chine veut mieux réguler l'IA

Avec IA+, la Chine continue sur cette route, mais veut toutefois adopter une approche prudente afin d'améliorer la productivité des emplois traditionnels. Le conseil chinois décrit ainsi une approche taillée sur mesure, "un secteur, une politique", qui visera à éviter un développement "aveugle et désordonné".
Cette prudence et volonté de structurer la politique IA chinoise passera également par une chasse active aux risques de discrimination algorithmique et au chômage structurel".

Le conseil des affaires d'état chinois dénonce au passage "l'empoisonnement des données" et la culture du secret entourant les algorithmes et les "hallucinations" des modèles d'intelligence artificielle. Il souhaite ainsi mieux sécuriser les entraînements, mais également mieux les surveiller, notamment lorsqu'elle est utilisée par les systèmes d'intervention d'urgence.

Ce changement est dans la droite lignée des ambitions démesurées de la Chine en matière d'innovations technologiques. Le pays souhaite devenir un leader incontesté dans tous les domaines de la tech d'ici à 2030. Pour ce faire, le gouvernement a augmenté ses dépenses de 10% en 2024. L'objectif est donc d'investir davantage que les Etats-Unis, qui ont annoncé de leur côté vouloir dépenser plus de 300 milliards de dollars dans de secteur en 2026.

Une bataille technologique face aux Etats-Unis

La Chine pourrait néanmoins voir ses plans être contrecarrés par la politique de Donald Trump. Sur le secteur des semi-conducteurs, le président américain taxe ainsi AMD et Nvidia lorsque les deux entreprises vendent leurs puces IA sur le marché chinois, tandis que Taïwan, île sur laquelle se trouve le géant TSMC (qui dispose des fonderies les plus avancées au monde pour produire des puces), reste un point d'achoppement important - la Chine souhaite ainsi qu'elle rejoigne son escarcelle, alors que le pays veut demeurer une nation indépendante.

A cela s'ajoute l'investissement des Etats-Unis dans Intel, rival de TSMC, et surtout 100% américain. Si l'entreprise est en très mauvaise posture financière, elle est la seule à pouvoir répondre aux volontés chinoises qui souhaitent ne pas laisser de place à ses pays concurrents.

Car en devenant le seul intermédiaire crédible en matière de nouvelles technologies, la Chine pourrait ainsi s'éviter des guerres commerciales à venir, mais aussi de nombreuses critiques sur sa politique en matière de droits humains. Un soft power important que le plan IA+ viendrait renforcer encore davantage.

Face aux avancées de la Chine sur l'intelligence artificielle, Sam Altman, patron d'OpenAI, avait fait part de ses inquiétudes. En début d'année, le secteur avait tremblé après l'arrivée de Deepseek, qui avait mis une correction à ChatGPT. Si depuis, l'IA chinoise a pris du retard, la menace, elle, reste bien présente.