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Au Royaume-Uni, des supermarchés utilisent l'IA pour identifier les voleurs

BFM Business Kesso Diallo
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Une fois identifiés, à l'aide de la reconnaissance faciale, les voleurs sont bannis des supermarchés. Un usage qui divise.

Au Royaume-Uni, des supermarchés misent sur l'intelligence artificielle pour lutter contre les vols à l'étalage. Plus précisément, ils se servent de la reconnaissance faciale afin d'identifier les voleurs. Un supermarché de la ville de Weymouth utilise cette technologie depuis 18 mois, ce qui lui a permis de réduire les vols dans son établissement.

"Regardez cette femme. Elle a ouvert le frigo des alcools, pris des bouteilles de vin pour les cacher dans ses poches", a expliqué son propriétaire, Dave Hiscutt, vidéo à l'appui.

Concrètement, la reconnaissance faciale permet d'identifier les voleurs, qui sont ensuite répertoriés dans une base de données. Les visages de chaque client sont ainsi analysés et comparés à ce fichier lorsqu'ils entrent dans le supermarché. Dans le cas où l'un d'entre eux a été identifié comme voleur, une alerte se déclenche et le personnel intervient pour lui demander de partir car il n'est plus le bienvenu dans ce magasin.

Un usage qui divise

La majorité des clients concernés acceptent de partir. "9 fois sur 10, les gens acceptent et s'en vont. Ça évite d'avoir à les identifier nous-même", a déclaré Hazel Ridge, gérante du supermarché. Faisant face à trois vols par jour avant de recourir à la reconnaissance faciale, il n'en enregistre que deux par semaine désormais. Outre ce magasin, près de 1.000 commerces se servent aussi de cette technologie au Royaume-Uni. Une utilisation qui ne plait pas à tous les clients.

"Personnellement, je trouve ça intrusif. Si j'avais su, j'aurais évité de faire mes courses ici", a reproché une cliente du supermarché de Weymouth.

"Si cette technologie permet d'attraper les voleurs alors tant mieux", a déclaré une autre, estimant qu'"il y a trop de vols à l'étalage".

Outre les clients, le recours à la reconnaissance faciale inquiète aussi des organisations de défense des libertés civiles. "On devient tous suspects, voire coupables jusqu'à ce que la reconnaissance faciale prouve le contraire", a accusé Jasleen Chaggar, responsable juridique et politique de Big Brother Watch.

Les supermarchés ne sont cependant pas les seuls à utiliser cette technologie. C'est aussi le cas de la police dans la rue. Selon les autorités, elle a d'ailleurs permis d'arrêter 600 individus recherchés pour vol ou des infractions plus graves.