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INFOGRAPHIES. Vie privée, travail, éducation… comment les Européens utilisent l’intelligence artificielle?

BFM Business Raphaël Raffray
32,7 % des citoyens de l'UE ont utilisé des outils d'IA générative en 2025.

32,7 % des citoyens de l'UE ont utilisé des outils d'IA générative en 2025. - BFM Tech

L’intelligence artificielle s’impose partout en Europe. En 2025, 32,7 % des personnes âgées de 16 à 74 ans dans l’Union européenne utilisaient des outils d’IA générative, selon la dernière étude d’Eurostat. BFM Tech&Co revient sur ces chiffres à travers une série de cartes.

L’intelligence artificielle gagne rapidement du terrain en Europe. En 2025, 32,7 % des Européens âgés de 16 à 74 ans déclaraient utiliser des outils d’IA générative, selon la dernière étude d’Eurostat. Ces usages restent majoritairement personnels (25,1 %), mais l’IA s’impose aussi dans le monde professionnel (15,1 %) et, dans une moindre mesure, dans l’éducation formelle (9,4 %).

L’adoption varie toutefois fortement d’un pays à l’autre. Le Danemark arrive en tête, avec près d’une personne sur deux utilisant des outils d’IA générative (48,4 %), suivi de l’Estonie (46,6 %) et de Malte (46,5 %). À l’inverse, la Bulgarie (22,5 %), l’Italie (19,9 %) et la Roumanie (17,8 %) affichent les taux d’utilisation les plus faibles au sein de l’Union européenne.

Malgré cette progression, plus des deux tiers des citoyens européens n’utilisent toujours pas ces technologies. La principale raison invoquée est l’absence de besoin (39 %), notamment en Allemagne (49 %) et en Pologne (54 %). D’autres freins persistent également: le manque de connaissances (8 %), la méconnaissance même de l’existence de ces outils (5 %) ou encore les inquiétudes liées à la confidentialité et à la sécurité des données (4 %).

L’usage de l’intelligence artificielle progresse aussi dans le domaine de l’éducation, mais de manière très contrastée selon les pays européens. D’après Eurostat, la Suède arrive en tête de l’Union européenne, avec 20 % des personnes déclarant avoir utilisé l’IA dans l’enseignement au cours des trois derniers mois. À l’inverse, la Hongrie ferme la marche, avec moins de 1 % d’utilisateurs, illustrant de fortes disparités dans l’intégration de ces outils au sein des systèmes éducatifs.

Ces écarts se confirment du côté des enseignants. Selon l’enquête internationale sur l’enseignement et l’apprentissage (TALIS) de l’OCDE, l’usage de l’IA par les professeurs du premier cycle de l’enseignement secondaire varie fortement en Europe en 2024. Dans 32 pays étudiés, la proportion d’enseignants utilisant l’IA s’étend de 14 % en France à 52 % en Albanie, pour une moyenne de 32 % dans l’Union européenne (UE-22) et de 36 % dans l’ensemble des pays de l’OCDE.

Dans plusieurs pays, l’IA est déjà devenue un outil courant pour une part significative du corps enseignant. Outre l’Albanie, plus de deux enseignants sur cinq déclarent y avoir eu recours au moins une fois à Malte, en République tchèque et en Roumanie (46 %), en Pologne (45 %), au Kosovo (43 %), en Macédoine du Nord (42 %), en Norvège et dans la région flamande de la Belgique (40 %), confirmant une adoption rapide mais inégale à l’échelle européenne.

Plus largement, l’éducation connaît une numérisation croissante. Les enquêtes s’appuient notamment sur des indicateurs mesurant la part de la population ayant suivi des cours en ligne ou échangé avec des enseignants via des outils numériques. En 2025, 16 % des personnes âgées de 16 à 74 ans avaient suivi une formation en ligne, tandis que 17 % avaient interagi en ligne avec des enseignants ou d’autres apprenants. L’Irlande (30 %), la Finlande (29 %), les Pays-Bas (28 %) et l’Espagne (27 %) figurent parmi les pays où le recours aux cours en ligne est le plus élevé.

Dans la vie professionnelle aussi, l’intelligence artificielle s’impose progressivement en Europe. En France, 10 % des entreprises déclaraient utiliser au moins une technologie d’IA en 2024, un chiffre en hausse mais encore inférieur à la moyenne européenne, selon l'INSEE. L’adoption reste très inégale: elle concerne surtout les grandes entreprises et le secteur de l’information-communication, où l’IA est principalement utilisée pour l’analyse du langage, l’apprentissage automatique, le marketing et les processus de production.