Imprimer en 3D à l'intérieur du corps pour soigner, ce sera bientôt possible

L’arrivée de l’impression 3D en médecine a été une avancée majeure. L’apport de machines capables notamment d’imprimer des prothèses en tous genres (main, bras, sternum, côtes, etc.) a permis de faire baisser drastiquement les coûts de création. Une prothèse jadis évaluée à 100.000 euros ne coûte désormais plus que 1000 euros à fabriquer. Et une impressionnante communauté a rendu ces dispositifs médicaux, indispensables pour certains, beaucoup plus faciles à concevoir grâce à des modèles en open source.
Limitless Solution, une société qui veut offrir des prothèses aux enfants, avait ainsi mis au point un bras Iron Man imprimé en 3D. Et c’est même Robert Downey Jr, qui joue le superhéros à l’écran, qui avait remis la prothèse à son jeune destinataire.
Mais la démocratisation des imprimantes a également permis diverses applications dans le milieu médical. Des médecins du CHU de Lille avaient ainsi conçu grâce à l’impression 3D des poches dentelées utilisées en reconstruction mammaire pour que la graisse injectée (lipofilling) ne soit pas absorbée immédiatement par le corps. Des os et des cartilages ont aussi pu être imprimés en bio-impression grâce à une encre spécialisée. Une façon de pallier le manque de donneurs rappelle le site Sculpteo.
Une mini-imprimante dans le corps
Désormais, l’impression 3D va encore plus loin. Des chercheurs de l’université de Nouvelle-Galles du Sud en Australie sont parvenus à mettre au point un mini-bras robotisé baptisé F3DB. Il est notamment capable d’intervenir et d’imprimer en 3D sur les organes, directement dans le corps. D’un centimètre de diamètre, il a des allures de micro-endoscope qui peut circuler aisément partout, se tordre dans tous les sens selon les besoins.
Les universitaires de Sydney expliquent que son rôle sera d’imprimer en biomatériaux pour aider à reconstruire des tissus. Également équipé d’un scalpel électrique et d’une mini-pompe, il permettra aussi de nettoyer des plaies ou de réaliser de petites incisions.
Avec cette bioimprimante, ses créateurs espèrent proposer une solution de remplacement à certaines interventions chirurgicales lourdes tout en réduisant ainsi les risques d’infection.
Si la prouesse technologique a été saluée dans le milieu médical, elle n’en est encore qu’au stade expérimental. Ce mini-bras n’a été utilisé que sur des dispositifs artificiels et un rein de porc. Mais il a obtenu un brevet provisoire, en attendant sa version définitive qui devrait, les chercheurs l’espèrent, embarquer une caméra et un système pour reconstruire la tomographie en 3D des tissus en mouvement dans le corps.