I.Avocat: pourquoi il vaut mieux se méfier de l'application remplaçant un avocat par une IA

Une application de conseils juridiques utilisant l'IA fait polémique. - I.Avocat
Une mise en demeure claire. Le 1er janvier est arrivé sur l'App Store une application baptisée I.Avocat. Celle-ci promet notamment de répondre aux questions d'ordre juridiques grâce à des réponses générées par l'intelligence artificielle.
Avant toute chose, c'est le marketing autour de l'application qui a fait bondir les avocats, puisqu'elle promettait des réponses "en une minute", "là où un avocat mettrait un an". Le service mettait également en avant le coup réduit de son abonnement, "69 euros [par an], contre 1000 euros pour un avocat."
Une IA d'avocat qui invente des lois
Plus globalement, c'est aussi la qualité des conseils juridiques qui ont été pointés du doigt. Maître Eolas, avocat, sur X, a ainsi expliqué avoir testé l'application, qui lui a inventé une loi, signe des limites d'une intelligence artificielle, qui a pourtant avalé "50 années de décisions judiciaires et des cours du barreau et de la magistrature."
"Pour seulement 149 euros par an, elle vous invente des lois, comme la loi du 30 juillet 2020 sur le protoxyde d'azote qui n'existe pas", raille Maître Eolas sur X.
Un risque pour les données personnelles
Enfin, la question des données personnelles est aussi posée. Une fois abonné, on peut en effet faire analyser un fichier PDF - par exemple le dossier de procédure - sans que l'on sache où sont réellement hébergées les données et comment elles peuvent être utilisées. D'autant que l'entreprise à l'origine d'I.A Avocat, lancée par un entrepreneur lyonnais de 35 ans, est immatriculée à Dubaï.
Après plusieurs jours de polémique sur les réseaux sociaux, le créateur de l'application a pris la parole, se défendant d'une part d'utiliser ChatGPT: "Contrairement à ce qui se dit, notre intelligence artificielle est totalement différente de ChatGPT. Elle propose des réponses précises et détaillées en respectant tous les codes juridiques."
Le Barreau de Paris met en demeure I.Avocat
Il a également appelé les avocats à "se détendre": "Notre IA a été longuement entraînée par des avocats", ajoute-t-il.
Des avocats qui ne sont visiblement pas d'accord avec le concept même d'I.Avocat. Dans une lettre rendue publique, le Barreau de Paris a ainsi mis en demeure les créateurs de l'application, les enjoignant à fermer le service dans un délai de 24 heures. La lettre, envoyée le 4 janvier dernier, est restée sans réponse. Contacté par Tech&Co, le Barreau de Paris n'a pas souhaité faire de commentaires concernant d'éventuelles procédures enclenchées par ses services.