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Huit jours de coma: un homme gravement brûlé par la batterie de son vélo électrique

BFM Business Salomé Ferraris
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Victime de l'explosion de la batterie de son vélo électrique, un sexagénaire a été brûlé au 2e et 3e degré. Souffrant de lourdes séquelles, il tente d'obtenir depuis un an une indemnisation.

Avec l’explosion du marché des vélos électriques, les accidents liés à des batteries de vélo sont de plus en plus nombreux ces dernières années. C’est ce qui est arrivé à Eric, un habitant de Foix (Ariège).

Tout commence en août 2023, alors que le sexagénaire est en vacances. Lors d’une balade, tout dérape: son vélo électrique tombe dans le Canal du midi. Il décide donc d’enlever la batterie de l’engin, et de la mettre dans son sac à dos.

30% de la surface corporelle brûlée

"Tout d’un coup, j’entends comme un feu d’artifice qui va exploser. Il y a eu deux détonations et ça s’est mis à brûler", se remémore-t-il auprès de BFMTV.

L’homme est rapidement transféré au CHU de Montpellier. Il passera 8 jours de coma artificiel et un mois en réanimation. L’homme est blessé au niveau 2e degré profond au niveau des mains et au 3e degré au niveau des jambes. 30 à 35% de sa surface corporelle a été brûlée lors de l’accident.

"Ces batteries sont censées être étanches. On ne s’en rend pas compte, mais il faut les manipuler avec précaution", rappelle Eric, qui souffre encore de lourdes séquelles physiques plus d'un an après l'accident. L'homme tente depuis un an d’obtenir une indemnisation. Pour cela, il se fait aider par l’Association des brûlés de France (ABF), qui alerte depuis 40 ans sur tous les dangers liés aux appareils électriques.

"On aide les grands brûlés à faire valoir leurs droits devant les tribunaux de la France entière", rappelle Charlotte Bottai, avocate d’Eric et de l’ABF auprès de BFMTV. "La brûlure, malheureusement, c'est quelque chose qui n'est pas très connu des magistrats ou des experts."

De multiples cas de brûlure

Dans le cas d’Eric, l’avocate a saisi les tribunaux. Elle reproche au vendeur et au constructeur le manque d’indications sur les dangers des batteries au niveau du manuel d’instruction. "Dans le manuel d'utilisation de ce vélo qui est en vente libre (…) il n'y a aucune contre-indication au fait de rouler par exemple dans une rivière. C'est un vélo cross. Donc si dans le manuel d'utilisation, il n'y a aucune contre-indication à ce genre de randonnée, comment mon client aurait-il pu savoir qu'en étant soumise à l’eau, la batterie allait exploser?", questionne-t-elle.

Le cas d’Eric est pourtant loin d’être un cas isolé. Mais l’association peine à chiffrer au niveau national l’ensemble des cas de brûlés liés à des explosions de batterie.

"On tente de recenser l'ensemble des dossiers juridiques consécutifs à des explosions de batteries au lithium-ion qui concernent à la fois les cigarettes électroniques, les téléphones, les trottinettes, les vélos électriques ou encore les voitures", précise Charlotte Bottai.

Une enquête au niveau national a également été lancée par l’ABF, en partenariat avec la Société francophone de brûlologie (SFB) pour essayer de recenser les causes et le nombre d'accidents domestiques qui ont été recensés dans les hôpitaux spécialisés.