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Huawei discute avec Google avant que la sanction américaine s'impose

BFM Business Frédéric Bergé avec AFP
Huawei discute avec Google pour tenter de trouver une solution à la rupture de ses liens avec le géant américain de l'internet, a déclaré mardi le fondateur du groupe chinois de télécommunications.

Huawei discute avec Google pour tenter de trouver une solution à la rupture de ses liens avec le géant américain de l'internet, a déclaré mardi le fondateur du groupe chinois de télécommunications. - Fred Dufour-AFP

Huawei discute avec Google pour tenter de trouver une solution à la rupture de ses liens commerciaux et technologiques. Le fabricant chinois dispose de 3 mois supplémentaires pour continuer d'utiliser les technologies du géant américain, avant que les sanctions s'appliquent.

Devant l'inquiétude des usagers et des entreprises américaines, les États-Unis ont finalement donné lundi un sursis à Huawei, qui pourra encore pendant trois mois utiliser des composants et logiciels américains (Android, Gmail, Google Play) avant la mise en oeuvre effective des sanctions contre le groupe chinois. Ce délai est destiné à accorder du temps à Huawei et ses partenaires commerciaux pour s'adapter.

"Cette licence générale temporaire donne au (secteur) le temps de s'organiser autrement et au ministère (du Commerce) la possibilité de déterminer les mesures appropriées à long terme pour les entreprises de télécommunications américaines et étrangères qui aujourd'hui se servent des équipements d'Huawei pour certains services essentiels", a indiqué le secrétaire au Commerce Wilbur Ross. En résumé, cela va permettre aux usagers des équipements Huawei de continuer à s'en servir pour le moment.

Pour Huawei, Google est "une bonne entreprise"

Par ailleurs Huawei est en discussion avec Google pour tenter de trouver une solution à la rupture de ses liens avec le géant américain de l'internet, a déclaré ce mardi Ren Zhengfei le fondateur du groupe chinois de télécommunications. "Google est une bonne entreprise et une entreprise hautement responsable. Google et Huawei sont en discussion pour chercher une réponse" à l'interdiction faite par les Etats-Unis de vendre des équipements au géant chinois des smartphones, a-t-il déclaré lors d'un entretien à des médias de son pays.

Huawei est non seulement le numéro deux actuel des smartphones mais aussi un des leaders des équipements (antennes etc) des réseaux de télécommunications. Présent dans 170 pays, il est soupçonné par les Etats-Unis d'espionnage au profit de Pékin, qui aurait largement contribué à son irrésistible expansion internationale. Washington a déjà interdit par exemple à ses militaires de se servir d'équipements Huawei, qui dément fermement tout espionnage.

Huawei est très dépendant des composants américains

Huawei, dont le siège est à Shenzhen, dans le sud de la Chine, est par ailleurs très dépendant de fournisseurs étrangers de semi-conducteurs: chaque année, il achète pour 11 milliards de dollars de composants à des fournisseurs américains, sur 67 milliards de dollars de dépenses.

Selon Bloomberg, plusieurs fournisseurs américains comme le géant des micro-processeurs Intel ou le fabricant de puces Qualcomm ont informé leurs employés qu'ils cesseraient, eux aussi, de fournir Huawei jusqu'à nouvel ordre. Au premier trimestre, Huawei a vendu 59,1 millions de smartphones, ce qui lui assure 19% de parts du marché, devant l'américain Apple mais toujours derrière le leader mondial, le sud-coréen Samsung.