BFM Tech

Devenir streamer à plein temps: le défi de Coffee, qui pose sa guitare pour vivre de Twitch

BFM Business Pierre Monnier
placeholder video
Cette année, le streamer Coffee fait le grand saut. A partir du mois de novembre, il ne comptera plus que sur Twitch pour vivre. Un choix assumé, mais qui n'est pas sans risque.

De son propre avis, "ce n'est pas le meilleur moment pour se lancer à 100% dans la création de contenu." Pourtant le streamer Coffee tente l'expérience. Depuis six ans, il partage ses parties de jeu sur internet, d'abord sur Youtube et depuis quatre ans sur Twitch. Et si le musicien de 32 ans vivait principalement de la musique il y a encore peu, la création de contenu va devenir son activité principale.

"Avec la pandémie de Covid, mes journées qui étaient bien remplies se sont retrouvées libérées. J'en ai profité pour proposer encore plus de contenus", se souvient Coffee.

Grâce à une communauté grandissante, le streamer va pouvoir ranger sa guitare. Début novembre, il quittera son groupe au profit de Twitch. Après un dernier concert, le musicien ne continuera à donner que quelques heures de leçons par semaine. Pour vivre, il s'en remettra désormais uniquement à ses diffusions en direct.

Le soutien et la générosité du public

"Pour réussir à vivre d'internet, on est pas tout seul. On est lié à son public d'abord, mais aussi à d'autres créateurs, à des événements", explique-t-il.

Pris par ses obligations musicales, Coffee a été contraint de refuser de nombreuses opportunités cette année, faute de disponibilité. Un constat qui le pousse aujourd'hui à faire un choix entre deux passions: la musique et le streaming.

"Je ne peux pas être partout. Je ne peux pas être à fond sur le groupe, et à fond sur mon activité internet", résume le vidéaste.

Seul problème, la création de contenu repose principalement sur le soutien et la générosité du public. Or, l'inflation touche durement les foyers français. Twitch étant principalement un loisir, son importance dans les budgets a donc dégringolé. Une réalité bien identifiée par le joueur.

"La priorité des gens en ce moment, ce n'est pas de récompenser ou d'aider les streamers qu'ils apprécient. C'est avant tout de survivre et de payer les factures à la fin du mois", constate Coffee.

Un "bordel sans nom"

Il sait donc qu'il entreprend "quelque chose de très aléatoire". Mais désormais sponsorisé par des marques et rémunéré pour tester certains jeux en direct, il ne dépend plus entièrement des dons de sa communauté.

Mais ces nouvelles entrées d'argent poussent Coffee dans un "bordel sans nom". Car depuis quelques semaines, l'introduction de la loi influenceur impacte son activité. Le streamer reconnaît volontiers qu'il ne "sait même plus comment présenter" les jeux ou le matériel qu'on lui envoie entre les notions de "publicité" et de "partenariat commercial" qu'il doit indiquer à son audience.

"Comment est-on censé expliquer ça aux gens en partant du principe que les spectateurs arrivent à n'importe quel moment sur le stream?", s'interroge-t-il.

Passionné de jeux vidéo, Coffee a découvert le streaming par hasard au moment de la sortie de The Legend of Zelda: Breath of the Wild, en 2017. Faute de connexion suffisante, il diffuse dans un premier temps des jeux anciens. "Je fais pas mal dans le rétro-gaming", s'amuse-t-il bien qu'il partage également ses parties sur des titres plus récents.

Ces derniers jours, les spectateurs de Twitch ont ainsi pu le voir évoluer sur Starfield, Assassin's Creed Mirage ou Outer Wilds mais aussi sur des classiques tels que le premier Suikoden, Sonic Adventure 2 ou The Legend of Zelda: Majora's Mask. Coffee compte plus de 700 jeux terminés en direct.

"Toujours quelque chose à regarder"

Mais son programme dépasse le simple cadre du jeu vidéo. En se consacrant pleinement à Twitch, le vidéaste a relancé un créneau qu'il avait abandonné. Son émission "La Cafét" est son "petit plaisir coupable". Coffee y aborde tous les sujets qui l'intriguent.

"C'est ce que j'aime avec Twitch: on peut s'intéresser à tout et n'importe quoi", résume-t-il.

Il y est donc parfois question de jeux vidéo, mais pas que. Des émissions ont été consacrées au cosplay, à la création artistique ou encore à la tech ou à la culture. Et la concurrence face à d'autres programmes phares de la plateforme ne l'inquiète pas. Diffusée le mardi soir, son émission tombe face au rendez-vous hebdomadaire de Domingo, Popcorn.

"Il y aura toujours quelque chose d'intéressant à regarder tous les jours, à n'importe quelle heure, même en pleine nuit. Mais en tant que streamer, on est forcément en frontal avec quelque chose", observe-t-il.

Coffee a donc préféré rester fidèle à sa philosophie: faire pour ne pas regretter. C'est d'ailleurs cette volonté d'entreprendre malgré les obstacles qui lui ont fait quitter son activité musicale. "Même moi, je ne sais pas du tout comment cette année va se passer", avoue-t-il. "Mais au final, si on se base là-dessus, on ne fait jamais rien", conclut le streamer.