Une startup lilloise invente un nouveau système de freinage pour les fauteuils roulants manuels

C'est une réalité vécue par l'ensemble des utilisateurs de fauteuils roulants manuels. Pour ralentir le mouvement de leur moyen de déplacement, ces derniers doivent faire usage de leurs mains pour saisir la main courante - le cerceau accroché à la roue du fauteuil. Une gageure lorsqu'il s'agit d'aborder une descente ou lorsque le sol est mouillé. Surtout, ce procédé est source d'inconfort puisqu'il engendre des brûlures et requiert des efforts importants du haut du corps.
C'est en partant de ce constat que la startup Eppur a inventé un système de freinage qui permet de décélérer sans se blesser. "La solution que nous avons mise au point s'appelle Dreeft. C'est une paire de roues qui s'installe sur n'importe quel fauteuil roulant manuel et qui vient remplacer les roues d'origine", explique Lancelot Durand, directeur général d’Eppur, à Tech&Co ce mercredi 25 janvier.
Le système de freinage est intégré dans le moyeu relié à la roue. Pour l’activer, l’utilisateur doit tirer légèrement la main courante du fauteuil, qui reste fixe, vers l’arrière. Cette solution a également pour bénéfice de diviser les efforts à fournir par cinq, indique Lancelot Durand.
Une alternative aux fauteuils roulants électriques
Pour cause, selon Eppur, 35% des utilisateurs de fauteuils roulants manuel souffrent de troubles musculo-squelettiques (TMS) de l'épaule après six mois à s'en servir. Notamment à cause du fait qu'ils doivent se propulser ou qu'ils sont parfois contraints de déplacer leur fauteuil.
Selon le directeur général d'Eppur, beaucoup des clients de la startup sont tétraplégiques complets ou incomplets. Et ces individus éprouvent généralement des difficultés de préhension des mains. Or, "toutes ces personnes ont la volonté de rester en fauteuil manuel et de ne pas passer à l'électrique. Nous leur apportons une solution qui peut aider certains d'entre eux", estime Lancelot Durand.