Test Macbook Pro M5: Apple continue d’améliorer un ultraportable sans équivalent

La puce M5 assure de beaux gains de puissance, notamment pour "jouer"
L'autonomie qui tient plus qu'une journée de travail en usages bureautiques intensifs
Le design inchangé et la finition toujours impeccable
L'écran n'est pas OLED, mais est excellent malgré tout
Le clavier tout bonnement exceptionnel
La connectique riche, mais qui devrait être parfaite
Le prix, toujours un peu salé chez Apple
On ne change pas une équipe qui gagne, on l’améliore. En ce mois d’octobre 2025, en glissant le M5 dans son Macbook Pro "d’entrée de gamme", Apple ne fait rien d’autre. Il apporte plus de puissance à son ultraportable de 14 pouces, mais pas seulement. Car, depuis le passage aux puces Apple Silicon, initié en novembre 2020, l’enjeu n’est pas tant celui de la puissance brute que celui de la performance par Watt. Autrement dit, la capacité à fournir une performance, soutenue sur batterie ou appareil branché au secteur, pour une consommation électrique donnée, la plus faible possible. C’est là le véritable enjeu. C’est là aussi la force qui a fait le succès des Mac animés par une puce M: puissance et autonomie, deux enjeux antinomiques réunis.
Avec le M5, Apple réussit-il à faire aussi bien? À faire mieux? C’est ce que nous allons voir.

M5, la puissance et la polyvalence d’un ultraportable imprenable
La star de cette mise à jour, pour ne pas dire la seule, c’est le nouveau SoC M5. Comme les puces A19 et 19 Pro des iPhone 17, Air et Pro, dont il est la déclinaison générationnelle pour Mac, il embarque des accélérateurs neuronaux dans la puce graphique, ce qui lui permet d’être prêt à affronter les tâches intelligentes, notamment dans l’exécution de LLM, comme ceux qui animent ChatGPT.
Mais, au quotidien, c’est aussi une bonne nouvelle pour le fonctionnement de toutes les fonctions intelligentes que ce soit l’amélioration des dialogues dans un programme comme Premiere Pro ou la "super résolution" d’un cliché dans Pixelmator Pro.
Mais le M5 n’est pas seulement plus performant pour l’IA. Sa partie processeur et processeur graphique est bien plus solide, comme le prouve un outil de bench synthétique comme Geekbench, référent dans l’industrie.
Si on joue au petit jeu des comparaisons, on observe une progression constante. Elle est d’environ 20% entre le M4 et le M5 pour la partie multi cœur et compute (graphique principalement). Si on plonge plus profondément dans l’arbre généalogique du Macbook Pro, on constate que les gains en puissance CPU et graphique augmentent considérablement, avec pas moins de 132% de performances graphiques en plus entre le M1 et le M5, soit un facteur multiplicateur de 2,32 pour la puissance du GPU en l’espace de cinq ans environ…
Plus de puissance, aussi pour jouer
Cette montée en puissance s’observe au quotidien quand on monte une vidéo ou même quand on joue. La même exportation d’un projet 4K dans iMovie est ainsi, presque deux fois plus rapide avec le M5 (x1,86). En jeu, on observe des gains de performances qui oscillent entre 54 et 80% entre le M4 et le M5 sur des jeux de référence. La preuve que les dix cœurs GPU ne sont pas là que pour l’IA. Même si l’IA est évidemment au service de vos jeux avec MetalFX. On en veut pour preuve l’exécution de Cyberpunk 2077 sur le Macbook Pro M5.
Avec une définition de 1.800x1.125 pixels, on obtient presque 38 images par seconde avec le ray-tracing activé (préréglage Bas). Et si vous êtes prêt à faire une croix sur les effets lumineux et de transparence de cette technologie de rendu, vous pourrez jouer en qualité élevée à presque 52 images par seconde (ips ou frame par second, fps). Mieux encore, si pour vous la fluidité prime sur la beauté, en qualité basse, ce ne sont pas moins de 81 fps qui attendent vos yeux… Le temps des Mac incapables de faire tourner des jeux semble lointain. Même si les titres ne sont pas encore légion, hélas.
Les promesses du M5 semblent tenues en tout cas, et la puce ne paraît pas surchauffer outre mesure, sauf à lui demander des tâches qui ne sont pas celles d’un ultraportable. Cette génération marque le franchissement d’une nouvelle étape en matière de performances. De quoi pouvoir envisager de sauter le pas si vous êtes équipés d’un Macbook Pro Intel ou mus par un M1…
Stabilité et silence relatif
Enfin, relevons deux points. D’une part, le M5 assure sensiblement le même niveau de performances, que le Macbook Pro soit branché sur le secteur ou fonctionne sur batterie. C’est un point capital sur lequel les SoC concurrents d’Intel et AMD avaient encore des progrès à faire sur la génération de puces précédentes. D’autre part, il faut rappeler que le Macbook Pro passe le plus clair de son temps totalement silencieux. Néanmoins, il pourra se mettre à ventiler si on le sollicite longuement, car contrairement au Macbook Air, il ne se contente pas d’un refroidissement passif et embarque des ventilateurs. En plein effort, nous avons mesuré leur bruit à environ 46,7 dB. Il est donc audible sans être gênant pour autant.
SSD : un stockage vraiment plus rapide…
Les modules de stockage SSD des Macbook Pro ne sont plus un problème depuis longtemps, même si Apple a, ces dernières années, donné l’avantage en matière de débit aux grosses capacités de stockage. Ce qui peut se justifier, puisque quand on a besoin d’un gros stockage, on gère a priori de gros ou nombreux fichiers.
Avec cette nouvelle génération M5, Apple annonce avoir dopé les performances de son ultraportable. Et dans les faits, les tests, aussi bien que la prise en main, confirment que les débits en lecture et écriture sont impressionnants. Nous avons relevé des débits dépassant les 10 Go/s avec le programme Aja System Test Lite.
Clairement, Apple a optimisé les vitesses de transferts pour les gros fichiers vidéo. Avec notre modèle de base, équipé de 512 Go, nous avons ainsi obtenu des débits en écriture de 7,54 Go/s et de 9,74 Go/s en lecture pour un fichier 5K de 16 Go. Ce n’est pas ici qu’il faut chercher un ralentissement…
Autonomie, vous vous lasserez avant lui
Apple annonce jusqu’à 24 heures d’autonomie. Dans les faits, pour un usage de bureautique un peu poussé, qui sollicite beaucoup d’onglets et d’instance de navigateurs, un traitement de texte, un éditeur de photos, et d’autres outils de productivités, nous avons réussi à tenir une bonne journée de bureau d’environ 14h. Évidemment, si vous ajoutez des montages de vidéos, forcez la luminosité au maximum en permanence ou multipliez les accès au GPU, cette autonomie devrait fondre plus rapidement.
Néanmoins, si vous utilisez le Macbook Pro M5 comme une machine à écrire 3.0, vous devriez vous lasser de travailler avant lui…
Le reste : Apple toujours au top…
Depuis son introduction en octobre 2021, le design des Macbook Pro reste inchangé, ou presque. Néanmoins, la partition sans être parfaite flirte avec l’excellence et n’a, objectivement, que rarement des concurrents qui fassent aussi bien dans tous les domaines abordés.
Boîtier : une qualité au-dessus du lot
Cela signifie qu’on a droit à cette finition exceptionnelle du boîtier en aluminium, qui résistera aux petits chocs du quotidien et vous permet d’être serein dans vos usages.
Audio : toujours une référence
De chaque côté du clavier, on trouve les grilles des haut-parleurs. Ils sont six en tout et fournissent un son puissant et détaillé comme rarement sur ce genre de produit. Les basses sont présentes et rondes sans écraser le reste et les aigus et médiums précis et agréables.

Connectique : du très bon, mais pas toujours le sommet...
Comme sur les générations précédentes, la connectique est performante – même si on n’a droit qu’à du Thunderbolt 4 sur ce modèle et non 5, comme sur les modèles équipés des puces M4 Pro et M4 Max - et presque complète. Entendez par là que si vous ne l’avez pas déjà fait, il faut vraiment faire une croix sur l’USB-A, les prises historiques. Ici, les trois prises USB sont au format USB-C (deux à gauche, et une à droite). On a droit au Magsafe pour la recharge sans risque d’emporter son portable quand on se prend les pieds dans le câble d’alimentation. À droite, HDMI et lecteur de carte SDXC sont de rigueur. À noter que le Macbook Pro M5 gère toujours deux écrans externes, avec des définitions allant jusqu'à la 8K à 60 Hz ou la 4 K à 240 Hz, via HDMI.
Pour la partie sans-fil, si on ne grimacera pas devant l'annonce d'une compatibilité Bluetooth 5.3, on sera bien moins heureux de constater qu'Apple nous sert un Wi-Fi 6E et non 7, la dernière version en date, qui est désormais présente sur tous les produits haut de gamme du marché. Sauf chez Apple, donc.

Clavier et trackpad : les rois du monde ?
Le clavier Magic du MacBook Pro est un des claviers du marché, il faut se tourner vers le haut de gamme de certaines machines Microsoft pour trouver aussi bien. La course des touches est courte, stable et ferme, juste ce qu’il faut. Le son produit accompagne parfaitement la frappe au kilomètre.
Le pavé tactile, vaste et confortable, glisse parfaitement et permet de réaliser les gestes à plusieurs doigts sans encombre. On flirte avec une ergonomie parfaite et éprouvée.
Webcam et biométrie : pas de Face ID…
Si vous espériez une caméra Face ID pour déverrouiller son MacBook Pro M5, mauvaise nouvelle. Il faudra se contenter du discret, mais très efficace bouton Touch ID, caché sous le bouton Marche/Arrêt.
Néanmoins, la webcam (12 Mpx) bénéficie de la fonction Cadre Centré, qui vous permet de bouger un peu face à votre ordinateur tout en restant toujours dans le cadre. Ce n’est pas une nouveauté, mais la fonction est appréciable, d’autant plus que la qualité vidéo est plutôt bonne, avec un niveau de bruit numérique bien contrôlé même quand la lumière manque un peu.

Ecran, le mieux en attendant le meilleur
Si le design reste inchangé, on retrouve donc aussi la relativement décriée encoche en haut et au milieu de l’écran. La dalle miniLED, Liquid Retina XDR, est toujours d’excellente facture, avec un taux de contraste si élevé qu’il flirte avec ce que l’OLED pourrait offrir. Mais voilà, ce n’est pas une dalle OLED, il faudra encore attendre. La restitution des couleurs est toutefois excellente et fidèle et si vous n’avez pas besoin d’une fidélité et calibration parfaite des rendus, vous pourrez bien entendu profiter de TrueTone pour adapter la chaleur de l’éclairage de la dalle. En attendant le meilleur, il n’est pas très dur de se contenter de l’excellence…
Conclusion
Apple ne se lance pas dans de grandes manœuvres avec le Macbook Pro M5, et pourquoi la société de Cupertino le ferait-elle? Son ultraportable « pro » continue de définir ce qu’un PC premium doit être. Si certains de ses concurrents PC sont devenus bons, voire très bons (et même parfois meilleurs, en autonomie, par exemple), aucun pour l’instant n’offre cette expérience globale, équilibrée, sans réel défaut majeur. De la puissance, plus qu'il n'en faut pour la plupart des usages, sur secteur et sur batterie, un silence appréciable, une bonne autonomie, une ergonomie qui n’a de leçon à recevoir de personne, une dalle, qui n’est pas OLED, mais joue parfaitement son rôle et enfin un clavier d’exception.
En attendant la prochaine révolution, le Macbook Pro M5 est un excellent candidat au titre de compagnon idéal pour les nomades qui ont besoin d’un peu plus qu’un Macbook Air, même si son prix fera grimacer (1.799 euros, tout de même), et même un peu plus, quand il faudra en sus rajouter un adaptateur secteur à la facture.