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Viol d'une fillette: 20 ans de réclusion à Aix pour la mère et son ex-amant

BFM A. G. avec AFP
La justice a condamné à 20 ans de prison chacun la mère de la fillette et son amant.

La justice a condamné à 20 ans de prison chacun la mère de la fillette et son amant. - Martin Bureau - AFP

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Elodie, 31 ans, était jugée pour avoir violé sa fillette de 3 ans afin de satisfaire, selon elle, les fantasmes pédophiles de son amant, Nicolas, 32 ans.

La mère d'une fillette, jugée depuis mercredi avec son ex-amant, pour le viol de l'enfant en 2012, a été condamnée, comme lui, vendredi par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône à 20 ans de réclusion criminelle, assortie d'une peine de sûreté.

"Est-il possible de tomber plus bas?", s'est demandé, un peu plus tôt, l'avocat général Olivier Couvignou, avant de requérir le maximum encouru contre les deux accusés. Ces réquisitions ont été suivies par la cour d'assises à Aix-en-Provence. "Ce maximum (encouru par les accusés, ndlr), c'est le minimum", avait-il lancé à la fin de son réquisitoire.

Des faits insoutenables

Elodie, une vendeuse de 31 ans, était jugée pour avoir violé sa fillette de 3 ans au printemps 2012 à Arles avec des sex-toys, pour réaliser des photos et des vidéos pour satisfaire selon elle son amant, Nicolas, un cuisinier de 32 ans déjà condamné plusieurs fois, dont une fois pour corruption de mineurs alors qu'il avait 17 ans. Lui était également poursuivi pour le viol de l'enfant, lors de relations sexuelles à trois décrites jeudi à l'audience par son ex-maîtresse avec une précision glaçante --des faits qu'il nie, se contentant de reconnaître des "fantasmes" pédophiles, évoqués dans des conversations électroniques avec Elodie.

"Au fond de ce gouffre, vous chercherez en vain un peu d'air, un peu de lumière", a-t-il lancé à l'adresse des jurés, évoquant pour décrire la mère un "monolithe d'égoïsme et de cruauté", et pour décrire son amant "un mauvais génie détraqué".

L'accusé a nié tout au long des trois jours d'audience, avec des réponses souvent évasives ou paraissant peu crédibles --quand son ex-maîtresse a de son côté toujours répété les mêmes déclarations, au cours de l'instruction comme lors du procès.

Les larmes de la mère, les regrets de l'amant

Aux yeux de l'avocat de Nicolas, Me Charles Reinaud, les accusations d'Elodie --que tous ses proches ont décrite comme "obsédée" par Nicolas-- n'ont qu'un but: "Elle le veut tout à elle; en prison 20 ans, il ne sera à personne d'autre", a lancé Me Reinaud. Évoquant Elodie, son avocate Sabrina Agostini a de son côté décrit une enfant "dont on ne s'est pas occupé", une "gamine qui se trouve moche, qui cherche sans cesse une affection, une attention qu'elle ne trouve pas": "C'est un être humain, ce n'est pas un monstre".

En pleurs, Elodie prend une dernière fois la parole: "Je suis impardonnable, ce que j'ai fait à ma fille, je le regrette, ce n'est pas digne d'une mère". "J'espère qu'elle aura (...) une vie de femme épanouie, qu'elle ne montrera pas trop de perturbations (...) et qu'un jour peut-être je pourrai la revoir pour lui parler de moi, lui expliquer. Je voudrais lui demander pardon", sanglote la jeune femme. Son co-accusé, d'une voix plus fruste, campe sur ses positions et dit quant à lui regretter son comportement "ignoble" dans les conversations électroniques qu'ils ont eues. Il écrase une larme. "J'accepterai la peine qui me sera donnée pour ce que j'ai écrit et ce que ça a entraîné".