Viande de cheval : les associations prêtes à distribuer les plats préparés

Les associations craignent de ne pas avoir les espaces de stockage suffisants pour conserver les plats préparés. - -
Se verra-t-on bientôt servir un plat de lasagnes à la viande de cheval à la Soupe populaire ? Jeudi sur RMC, le ministre délégué à la Consommation Benoît Hamon affirmait que les plats retirés de la vente en raison de la fraude sur la viande pourront être redistribués aux associations caritatives. Mais maintenant, tout reste à faire. Les associations attendent des garanties sanitaires pour recevoir les plats retirés de la vente, et la question du coût financier de l’opération inquiète. Benoît Hamon a précisé que « c'est aux associations de décider si oui ou non elles acceptent ces dons », reconnaissant qu'un tel don pouvait être coûteux pour ces dernières, notamment dans le cas des produits surgelés qui nécessitent un transport frigorifique.
Car ce sera vraisemblablement aux associations et aux distributeurs de se mettre d'accord et de gérer eux-mêmes cette redistribution. La Fédération française des banques alimentaires « espère que ce ne sera pas à sa charge totale » sachant qu'elle possède des entrepôts limités. L'association s'inquiète aussi sur RMC de la qualité sanitaire des produits. La ministre de la lutte contre l'exclusion Marie-Arlette Carlotti rencontrera mardi les associations en charge de l'aide alimentaire « pour discuter de l’opportunité de récupérer ces produits ».
« Une opération logistique assez lourde »
Pour Maurice Lony, le directeur fédéral des banques alimentaires (qui approvisionnent les associations en repas), « c’est clairement une bonne nouvelle, car la vocation des banques alimentaires est de lutter contre le gaspillage. Ça serait quand même dommage de voir des produits propres à la consommation détruits. Mais nous respecterons la dignité des personnes, elles pourront accepter, ou refuser. La deuxième question qui se pose, sur une opération logistique assez lourde, c’est que nous ignorons quelles sont les quantités de produits qui seront mises à disposition. Il est vraisemblable que nous n’aurons pas la capacité de les absorber, donc nous allons rentrer dans une discussion avec la grande distribution pour voir quelles sont les modalités ».
« Personne n’est tombé malade »
Bénévole à l'association les Petites sœurs des pauvres, Didier aussi ne voit pas pourquoi il faut polémiquer. « Ce serait du gâchis ! Je ne vois pas l’intérêt d’interdire la viande dans les associations ». Surtout que, dit-il, la distribution a déjà commencé. « Chez les Petites sœurs des pauvres, on a du cheval, des lasagnes, les personnes qui mangent sont satisfaites. Personne n’est tombé malade, tout le monde en redemande, donc tout va bien ».












