BFM

Vers une baisse des allocations familiales pour les plus riches ?

BFM La rédaction avec A. Manoli et agences
Dans une interview dans l'édition de mardi des Echos, le député socialiste Gérard Bapt préconise de diviser par deux les allocations familiales pour les foyers les plus aisés.

Dans une interview dans l'édition de mardi des Echos, le député socialiste Gérard Bapt préconise de diviser par deux les allocations familiales pour les foyers les plus aisés. - -

Téléchargez la nouvelle app BFM
Le député socialiste Gérard Bapt préconise de diviser par deux les allocations familiales pour les 10% de foyers les plus aisés. La mesure pourrait permettre d'économiser 3 milliards d'euros par an et réduire le déficit de la Sécurité sociale, mais elle est vivement critiquée à droite.

Comment réduire le trou de la Sécurité sociale ? Sans avoir la réponse, le député socialiste Gérard Bapt a un début de solution : il préconise de diviser par deux les allocations familiales pour les foyers les plus aisés. La mesure, selon lui, permettrait à l'Etat d'économiser trois milliards d'euros dans le cadre de la réforme visant à redresser les comptes de la branche famille de la Sécurité sociale, alors que la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, s'est dite lundi opposée à une fiscalisation des allocations familiales tout en estimant que d'autres perspectives pouvaient être envisagées.

« Le déficit le plus critiquable de tous »

Dans une interview dans l'édition de mardi des Echos, le rapporteur du budget de la Sécurité sociale à l'Assemblée nationale, Gérard Bapt, juge nécessaire « de diviser par deux les allocations familiales au-delà d'un certain niveau de revenus ». Il s’explique sur RMC : « Le déficit de la branche famille est le plus critiquable de tous les déficits. Il est trop paradoxal de faire payer par la dette les générations futures pour la garde des enfants d’aujourd’hui. Nous proposons des mesures qui concernent véritablement les catégories les plus aisées, soit 11% des familles bénéficiaires des allocations familiales. Cela revient à des pertes de revenus de 300 à 600 euros par an pour des familles aisées, cet effort pourrait être tout à fait compris par l’opinion publique, y compris par les familles concernées ». Le niveau de revenu à partir duquel les allocations pourraient être baissées serait de 53 000 euros par an pour un couple avec deux enfants et 61 000 euros pour une famille avec trois enfants.

Trois milliards d'euros économisés

Gérard Bapt préconise également de supprimer pour ces mêmes foyers le complément d'aide au mode de garde, un dispositif qui prend en charge la garde d'enfants à domicile ou chez une assistante maternelle. Ces deux mesures, qui permettraient de dégager trois milliards d'euros par an, ne remettent pas en cause le principe d'universalité des allocations familiales, assure l'élu. « Aujourd'hui, plus les revenus sont élevés, plus les aides à la garde d'enfants sont importantes », souligne-t-il. « Les 10 % de familles les plus pauvres ne bénéficient que d'une centaine de millions d'euros au titre du complément mode de garde, contre plus de un milliard pour les 10 % de familles les plus aisées », ajoute-t-il. « Dans une période où tout le monde est appelé à faire un effort, il nous semble juste de solliciter les foyers les plus aisés ».

« Ne pas taper sur les familles dont les parents travaillent »

Mais à droite, la mesure effraye. « C’est la seule prestation de la CAF qui n’est pas soumise à revenus, rappelle Valérie Boyer, députée UMP de Marseille. Pourquoi s’attaquer à celle-ci qui est un symbole de la famille en France ? Les familles les plus modestes ont droit à une multiplicité d’aide auxquelles n’ont pas droit les familles les plus aisées. On ne peut pas taper sur les familles dont les deux parents travaillent, ou l’un des parents travaille et a de bons revenus, en permanence, alors que la première chose que devrait faire le gouvernement est de s’attaquer aux fraudes aux prestations sociales, et notamment à celles servies par la CAF et qui sont extrêmement nombreuses. Ce gouvernement n’a de cesse de s’attaquer à la famille par tous les moyens ».