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Région parisienne : une forte odeur de gaz, «non toxique»

BFM Mathias Chaillot avec agences
Le nuage, qui s'est échappé de l'usine Lubrizol de Rouen, ne serait pas toxique

Le nuage, qui s'est échappé de l'usine Lubrizol de Rouen, ne serait pas toxique - -

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Après une fuite dans une usine chimique de Rouen, une très forte odeur de gaz a été ressentie jusqu’en région parisienne. Il s’agirait d’un nuage « non toxique » selon la préfecture de Seine-Maritime qui demande de ne plus appeler les secours.

Elle agresse les narines à Paris, mais elle vient de Rouen : si vous habitez en Ile-de-France, peut-être avez-vous été incommodé par une forte odeur de gaz dans la nuit de lundi à mardi. Ce nuage, « non toxique » selon la préfecture de Seine-Maritime et la Sécurité civile, provient en fait d’une usine chimique de Rouen, Lubrizol, qui a remarqué l’instabilité d’une de ses préparations lundi matin : le mercaptan. La substance est normalement utilisée pour « marquer » le gaz de ville, naturellement sans odeur, et c’est grâce au produit qu’on peut normalement tout de même remarquer une fuite.
« Actuellement un nuage de ce marquant provenant de Normandie est perceptible en région parisienne. Ce nuage (...) se dissipera naturellement en fonction des conditions météorologiques », expliquent les pompiers de Paris, qui demandent à la population de ne plus appeler les secours pour ne pas saturer les centres d’appels. Des centaines de Parisiens et d’habitants de la région, en effet, ont appelé le 18 ou le 112 évoquant « odeur insupportable », « maux de tête » et « nausées ».

« Il n'y a aucun danger »

Cette nuit, sur le site de l’usine Lubrizol, les opérations de neutralisation étaient toujours en cours, mais les émissions continuaient, selon l'officier d'astreinte de la sécurité civile de Seine-Maritime, Laurent Mabire. « Il y a eu une réaction qui s'est faite dans un four de l'entreprise », a expliqué une autre source au sein des services de secours. « Ça a commencé vers 11 heures lundi matin. Tous les relevés de toxicité ont été faits, il n'y a aucun danger ».
Les secours reconnaissent toutefois qu’il peut y avoir « quelques cas isolés d'intolérance au produit, mais on est surtout dans la réaction psychologique liée à l'odeur », ce qui expliqueraient les maux de tête et les nausées ressentis par certains.

« Bon espoir que ça se termine dans la journée »

La société Lubrizol à Rouen, à l'origine d'émanations de gaz senties jusque dans la région parisienne, a dit mardi matin avoir « bon espoir » que l'incident soit résolu dans la journée. « L'incident n'est pas encore complètement terminé. On est encore en phase de neutralisation. On a bon espoir que ça se termine dans la journée », a déclaré la porte-parole de la société, Nathalie Bakaev qui a précisé que des équipes de la société jetaient des produits neutralisants sur le bac à mélange de mercaptan, d'une contenance d'environ 30 tonnes, dans lequel une « instabilité» chimique s'est produite lundi aux environs de 08h. « On devrait démarrer une troisième phase en introduisant le produit dans de l'eau sodée », a ajouté la porte-parole, précisant que des pompiers étaient sur place pour effectuer des relevés atmosphériques. Mme Bakaev a précisé que l'incident chimique n'avait pas provoqué de dégâts matériels et que l'usine, située sur les communes de Rouen et du Petit-Quevilly, au sud de la cité normande, n'avait pas eu à évacuer ses quelque 300 salariés. Mardi matin, « c'est tout à fait respirable dans les bureaux, même si l'odeur n'est pas très agréable », a-t-elle témoigné.
Mme Bakaev a dit ne pas savoir si une erreur humaine était à l'origine de l'incident. « Il s'agit d'une réaction chimique qui ne s'est pas déroulée comme on aurait souhaité », a-t-elle simplement déclaré. Elle a rappelé qu'un incident similaire avec du mercaptan s'était produit sur le même site en 1990 mais que les vents avaient poussé l'odeur vers les côtes.