Rapport Fragonard : l'inquiétude des familles de la classe moyenne

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C’est un rapport très attendu par les familles ou les futurs parents de la classe moyenne. Le président du Haut Conseil de la famille, Bertrand Fragonard, remet son rapport ce mardi après-midi au Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Il propose plusieurs scénarios en vue de combler en deux ans le déficit de la branche famille de la Sécurité sociale, qui s’élève à un peu plus de 2 milliards d'euros, et comprend des mesures de redistribution des familles les plus aisées vers les familles les plus modestes.
Baisse des aides, rabot...
Plusieurs scénarios sont envisagés, et c’est le gouvernement qui tranchera. Selon le plus rigoureux, la diminution progressive des allocations familiales serait effective à partir de 3 885 euros de salaires mensuels pour une famille avec deux enfants. Parmi les autres pistes d'économies: le rabot de la prime de naissance, la baisse du plafond du quotient familial, l'unification du complément familial et de la prestation d'accueil du jeune enfant, ou encore la suppression de la réduction d'impôt pour frais de scolarité.
« Ma femme se mettra au chômage pour obtenir toutes les aides »
Des scénarios qui inquiètent les parents de la classe moyenne. C’est le cas de Catherine et Cédric, un couple rencontré par RMC. Catherine est assistante commerciale et Cédric directeur d'un magasin de vêtements en plein centre de Paris. Leur couple gagne 5 000 euros nets par mois. Leurs deux enfants, Jonas et Yonnah, respectivement 1 et 3 ans, sont gardés par une nounou à leur domicile. « La garde à domicile nous coute 1 500 euros par mois, explique Cédric. Aujourd'hui, le salaire de ma femme couvre le salaire de la nounou. Donc si on nous retire les aides ou si on nous rabote les allocations, ça fera un trou très conséquent dans notre budget mensuel ». Dans ce cas-là, « le calcul sera vite fait. Ma femme se mettra au chômage pour obtenir toutes les aides auxquelles on a droit : Assedics, exonérations d'impôts et toutes les aides reçues par une personne au chômage », prévient Cédric.
Les entreprises d’aides à domicile « en difficultés »
Mais il n’y a pas que les parents qui sont inquiets. Les professionnels de la garde d’enfants vont suivre avec une attention toute particulière les décisions du gouvernement après la remise du rapport Fragonard. « Toute mesure qui fragilise les familles dans leur volonté d'employer légalement des salariés est mauvaise, assure Hervé Lecat, président de Kinougarde et de Complétude, deux société d'aides à domicile en lien avec l'enfance. Si le gouvernement touchait au complément du mode de garde, les familles auraient de plus en plus de mal à continuer à être nos clients et il est fort probable que nous ayons des difficultés ».
« Augmentation du travail au noir »
Surtout, l’Etat ne serait pas forcément gagnant, selon Guillaume Richard, P-DG du groupe O2, qui regroupe 120 agences de services à domicile en France : « On voit très bien que dès qu'on touche à ce mécanisme, cela a des répercussions immédiates sur l'augmentation du travail au noir au détriment du travail déclaré. Et l'Etat est perdant, parce qu'il n'y a pas de TVA qui rentre, ni de cotisations sociales qui sont payées. Mais le premier perdant c'est le salarié, puisque lorsqu'il n'est pas déclaré, il n'a pas de protection sociale et il ne cotise pas pour la retraite ».
Le gouvernement a promis d'annoncer rapidement ses intentions sur la réforme des prestations familiales.












