Quand les seniors se remettent au boulot

500 000 personnes continuent à travailler au-delà de l'âge de la retraite. Une tendance qui a doublé depuis 2006. - -
Travailler plus...longtemps, pour gagner plus d’argent. Avec la crise, de plus en plus de seniors créent une entreprise, parfois même à peine le pot de retraite consommé. C’est ce qu'RMC a vérifié lors de la 15e édition du Salon des Seniors qui s'est ouvert jeudi Porte de Versailles, à Paris. Pendant trois jours, plus de 300 exposants renseignent les plus de 50 ans sur la vie associative, les voyages, la retraite mais aussi le travail, pour ceux qui cherchent à poursuivre une activité.
En 2011, environ 110 000 personnes d’au moins 50 ans ont créé leur boîte, soit 20 % de la totalité des créateurs d’entreprises. Et 22 % de ces seniors créateurs se relancent dans la vie active alors qu’ils étaient retraités. C’est principalement les services aux entreprises, à la personne, le commerce de détail et la construction qui ont les faveurs des seniors.
« Ça me permet de vivre décemment »
La motivation est surtout financière quand la pension ne suffit plus. Jean-Marcel, 67 ans, est retraité depuis 3 ans. Cet ancien menuisier considère que les menus travaux qu’il effectue chez des particuliers une quinzaine de jours par mois, lui permettent de « vivre décemment » et lui évite de choisir « entre payer [son] loyer ou manger »
« Arrondir les fins de mois » pour Jamie, 72 ans, mais aussi ne pas s'isoler. Cette ancienne assistante de direction cherche un temps partiel pour ne pas se « scléroser moralement, intellectuellement ».
« Nos âgés sont essentiels »
Lucie Eckenberg-Friedlander a fondé un site Internet ("manise&kids"). Il met en lien des seniors avec des parents qui cherchent à faire garder leurs enfants. Elle évoque le « complément de revenu » mais aussi « la nécessité de se sentir utile et d’être au contact des enfants » pour des seniors dont « souvent, les petits-enfants sont loin ». Et les parents confient leur progéniture les yeux fermés : « il y a une vraie confiance envers les seniors, parce qu’ils ont leur expérience de vie confie la jeune femme, pour laquelle [les] âgés sont essentiels ». Sans parler de leur disponibilité par rapport aux étudiants : « [trouver] une étudiante à 16h30, c’est parfois compliqué, et toutes les villes françaises ne sont pas des villes étudiantes. Les seniors, eux, sont partout, dans les villes, et à la campagne ».
« Repartir à zéro est très difficile »
Dominique Kieffer, bénévole au sein de l'association EGEE (Entente des Générations pour l'Emploi et l'Entreprise), accompagne les seniors qui souhaitent créer leur entreprise. Et ceux qu’il aide à « mettre le pied à l’étrier » sont de plus en plus nombreux. « Il y a de plus en plus de seniors qui sont au chômage ou qui craignent de ne pas avoir une retraite suffisamment bonne ou active donc énormément d’entre eux veulent créer leur entreprise. Créer un restaurant, un hôtel, devenir chauffeur de taxi, menuisier, n’importe quoi ». Dominique Kieffer admet la difficulté de repartir à zéro pour « quelqu’un qui a travaillé dans une société structurée depuis quelques années ».
Aujourd'hui, 500 000 personnes continuent à travailler au-delà de l'âge de la retraite. C'est deux fois plus qu'en 2006.












