BFM

Pour la Cour des comptes, le déficit 2014 pourrait dépasser 3,6% du PIB

BFM La rédaction avec agences
Didier Migaud a demandé à l'exécutif "d'amplifier l'effort sur la dépense publique.

Didier Migaud a demandé à l'exécutif "d'amplifier l'effort sur la dépense publique. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Téléchargez la nouvelle app BFM
La Cour des comptes pointe le risque que le déficit public 2013, qui sera connu dans quelques semaines, soit supérieur aux 4,1% du PIB escomptés par le gouvernement.

Dans son rapport public présenté ce 11 février, l'institution dirigée par Didier Migaud évalue à 6 milliards d'euros les recettes manquantes pour respecter ces 4,1%. Surtout, la Cour estime que l'objectif gouvernemental de 3,6% en 2014 n'est "pas assuré".

Par ailleurs, Didier Migaud a demandé à l'exécutif "d'amplifier l'effort sur la dépense publique jusqu'en 2016" alors que le gouvernement est à la recherche de 50 milliards d'économies d'ici à 2017.

Le Premier président de la Cour a épinglé un "excès d'optimisme" du gouvernement concernant les hypothèses de recettes fiscales l'an dernier, assénant qu'il s'agissait d'un travers "récurrent" en France et qu'il "serait heureux que ces pratiques cessent".

Il s'est toutefois félicité de la volonté du gouvernement de ne faire reposer la réduction du déficit cette année que sur une baisse des dépenses, plutôt qu'une hausse des prélèvements, ce qui est "une orientation préconisée de longue date par la Cour".

Didier Migaud a cependant indiqué qu'une part des économies prévues "n'était pas documentée à ce stade" et que "certaines apparaissaient surestimées".

Excès d'optimisme du gouvernement

Les sages de la rue Cambon épinglent également plusieurs projets du gouvernement.

La coopération franco-britannique pour la construction de porte-avions s'est traduite par un coût de 196 millions d'euros payés par la France à la Grande-Bretagne, "une dépense assumée en pure perte par la France".

Les facilités de circulation sur le réseau SNCF offertes à plus de 1,1 million de personnes, dont seulement 15% de cheminots, représentent un manque à gagner de 50 à 100 millions d'euros par an, auquel il faut ajouter un coût direct de gestion d'environ 25 millions par an, estime la Cour.

Elle estime que la rationalisation de ce système est à peine entamée, que l'octroi de ces facilités à des personnes non membres de la SNCF est trop généreux et elle prône un suivi plus attentif et une plus grande maîtrise des coûts.