Polémique autour des centres éducatifs fermés

Les CEF ne sont pas "La solution", selon Christiane Taubira - -
La polémique enfle autour des centres éducatifs fermés, après les propos de Christiane Taubira. Mardi, dans Libération, la garde des Sceaux a critiqué l'enfermement systématique des mineurs délinquants dans ces structures, créées par la majorité précédente. Elle estime qu'il faut sortir du « fantasme » selon lequel les centres éducatifs fermés (CEF) constituent « la solution » à la délinquance des mineurs.
La ministre sensible « aux milieux ouverts »
La ministre se dit plus sensible aux « milieux ouverts, pour une réalité simple : 80% de non-récidive ». Du coup, elle veut freiner la poursuite de la construction de ces centres et lancer une grande évaluation de leur efficacité. Christiane Taubira se démarque ainsi de la ligne de François Hollande, qui, avant son élection, affirmait qu'il doublerait le nombre de ces centres. Les centres éducatifs fermés (CEF) ont été créés il y a dix ans. Il en existe actuellement 42 en France, et le précédent gouvernement prévoyait d'en créer vingt supplémentaires.
L’opposition parle de laxisme
L'opposition crie au laxisme et à la naïveté de la gauche, et remet en cause une décision « idéologique ». Afin de calmer la polémique naissante, la Chancellerie a rappelé que 4 nouveaux CEF seraient ouverts en 2012. Mais avec ces propos, Christiane Taubira lance le débat autour de l'avenir et de l'efficacité de ces centres, pendant que les critiques contre ces structures se multiplient. Anarchie, tensions extrêmes, dégradations, certains centres connaissent des scènes de violence extrême. Violence entre jeunes, mais aussi traitements discutables de la part des éducateurs.
Aucune étude n'a été jusque-là réalisée sur l'efficacité de ces centres, notamment sur les taux de réinsertion des jeunes à la sortie.
« C’est un échec total »
Michel Faujour, co-secrétaire général de la CGT-PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse), n’est justement pas convaincu par l’efficacité des centres éducatifs fermés (CEF) : « Pour nous, c’est un échec total mais cela ne nous étonne pas outre-mesure. Finalement, on tire le bilan que c’est la structure même qui peut favoriser une forme de violence et qui va maintenir les gamins dans une situation qu’ils connaissaient avant de rentrer dans l’établissement. C’est quelque chose de très destructeur et d’absolument insatisfaisant ».
« Les criminels se traitent socialement »
Pour le criminologue Alain Bauer, au contraire, le bilan reste globalement positif : « Je pense qu’il y a des réussites et des centres qui fonctionnent moins bien. Il faut une forte conviction, une équipe qui soit totalement engagée dans le projet. La criminalité ne va pas disparaître. Elle est le produit des criminels et pas seulement de leur environnement extérieur. Les criminels se traitent, socialement, humainement et pénalement ».












