Peut-on vraiment empêcher l’essence d’augmenter ?

- - -
Si vous êtes déjà parti en vacances ou que vous allez le faire, vous n'y couperez pas. Les prix des carburants en France sont repartis à la hausse la semaine dernière, regagnant environ deux centimes par litre, parallèlement à la remontée des cours du pétrole. Samedi dernier, le patron de Total, Christophe de Margerie avait relancé la polémique en déclarant que son groupe allait répercuter à la pompe les récentes hausses des cours du pétrole brut.
Et ce mardi soir sur France 3, le ministre de l'Economie, François Baroin a déclaré qu'il n'y avait « plus de problème » à ce sujet avec le PDG de Total, auquel il a rappelé « le respect des engagements pris entre l'Etat et les pétroliers sur la répercussion du prix du baril de brut à la pompe. […] Quand ça monte, les prix étant réglementés, ça doit augmenter dans des proportions correspondantes. Et quand ça baisse, ça doit baisser surtout dans le même calendrier ».
De son côté, l’opposition demande le blocage du prix de l’essence. Dans ce contexte et face à l’inquiétude et la colère des Français, RMC lance le débat : peut-on vraiment empêcher la hausse du prix de l'essence ?
« Qu’on le veuille ou non, l’énergie devient plus rare et plus chère »
Pour Dominique Bourg, professeur de philosophie à l'Université de Lausanne, auteur de "Vers une démocratie écologique", ça ne fait aucun doute : « Non, on ne peut pas empêcher l’essence d’augmenter. Qu’on le veuille ou non, l’énergie va devenir plus rare et plus chère. Si vous prenez l’ensemble des gisements de la mer du Nord, exploités par les Anglais depuis plusieurs années, ils retirent chaque année 8% de pétrole en moins.
Donc, un monde où toutes les ressources deviennent plus chères, sans Etat, avec des individus appauvris, livrés à eux-mêmes… c’est génial ce qu’on a fait, lance-t-il avec ironie. On est dans ce modèle et on va peut-être dégringoler avec ! ».
« L’Etat devrait remettre en vigueur la taxe flottante »
Convaincu qu’il est encore possible d’empêcher la hausse des prix des carburants, Roger Braun, directeur général de l'Automobile Club, association française des automobilistes, avance même une solution : « La première chose que devrait faire l’Etat, ce serait de remettre en vigueur la taxe flottante, qui faisait que lorsque, par le jeu de la TVA, l’Etat encaissait un peu plus de taxes, il compensait en baissant la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers). Au total, les taxes encaissées restent stables ».












