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Peut-on encore mourir chez soi?

Un aidant accompagne une personne âgée à son domicile (reportage BFMTV 25/01/2011)

Un aidant accompagne une personne âgée à son domicile (reportage BFMTV 25/01/2011) - -

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L'Observatoire national de la fin de vie a publié lundi un rapport soulignant le grand écart entre le souhait des Français, qui sont 81% à vouloir mourir chez eux, et la réalité. BFMTV.com a interrogé le Dr Vincent Morel, président de l'Association française d'accompagnement et de soins palliatifs.

Mourir chez soi, une fin que souhaitent huit Français sur dix, selon un rapport de l'Observatoire de la fin de vie (ONFV) publié lundi. Pourtant, seul un quart des Français y parviennent, déplore le rapport. Est-il encore possible de mourir chez soi? Réponse avec Vincent Morel, président de l'Association française d'accompagnement et de soins palliatifs.

Selon le rapport de l'ONFV, 81% des Français souhaitent "passer leurs derniers instants" chez eux. Seuls 25,5% y parviennent. Est-il encore possible de choisir de mourir chez soi?

C'est tout à fait possible, oui. Il n'y a pas de contraintes particulières pour s'y opposer. La volonté du patient et de son entourage sont les seules conditions pour organiser une fin de vie à domicile. Il m'est déjà arrivé d'accompagner un retour à domicile dans une caravane par exemple. Le domicile n'est donc pas une contrainte, je dirais juste qu'il faut faire preuve d'une certaine inventivité. C'est au soignant de s'adapter au domicile du patient et non au patient de s'adapter, comme c'est trop souvent le cas à l'hôpital.

Y a-t-il des conditions particulières pour mourir chez soi?

Un retour à domicile ne s'organise pas en dix jours, cela se prépare sur plusiers mois. Il est donc nécessaire de faire part de son projet suffisamment tôt, avant une aggravation de son état, afin que l'hôpital puisse organiser ce retour. Concrètement, il s'agit de procéder aux aménagements du domicile (lit médical ou non par exemple), d'organiser un suivi médical avec des professionnels (infirmiers, médecin traitant...) ou encore de "former" les proches aux gestes qui devront être faits. En clair, plus le retour est préparé en amont, plus on s'assure que le circuit de prise en charge est établi. Enfin, il est nécessaire que les aidants possèdent un numéro de téléphone de personnes qui sauront les épauler tout au long de leur veille sur le malade. Ce référent, infirmier ou médecin traitant par exemple, aura un rôle précieux de conseiller et d'orientation en cas de changement d'état du malade.

Quelles sont les démarches à suivre une fois le patient mort?

Le premier réflexe est de contacter un médecin, qui constatera le décès, et un infirmier, qui s'occupera de la toilette. Puis il faut appeler les pompes funèbres, chargées de la prise en charge du corps, et prévenir la mairie du domicile. Si les proches souhaitent organiser une veillée mortuaire au domicile, c'est également possible à condition que le corps repose sur un lit réfrigéré, sur lequel il peut rester sans problème deux à trois jours. Ces pratiques, courantes dans le passé, ont tendance à se perdre, nos sociétés ayant largement "aseptisé" le moment de la mort.

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