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Petroplus Petit-Couronne : les syndicats y croient encore

BFM Mathias Chaillot avec Hugo Perrier
L'intersyndicale est persuadée que de nouveaux dossiers seront déposés ce mardi. Ils ont jusqu'à 18h.

L'intersyndicale est persuadée que de nouveaux dossiers seront déposés ce mardi. Ils ont jusqu'à 18h. - -

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Dernier jour ce mardi pour déposer les offres de reprise du site Petroplus de Petit-Couronne, sinon condamné à la fermeture. Le gouvernement s’est montré pessimiste, mais les syndicats veulent y croire et espèrent que de nouveaux dossiers seront déposés d’ici ce soir.

Combien de dossiers de repreneurs seront, ce mardi soir, sur la table de la direction de Petroplus ? Ils ont jusqu’à 17h pour faire état de leurs propositions de reprise du site de Petit-Couronne qui, sinon, semble condamné à fermer. Lundi soir, Matignon a calmé les ardeurs en affirmant que « les chances de succès » étaient « limitées » après une rencontre entre des conseillers de Jean-Marc Ayrault et l'intersyndicale du site pendant laquelle l'hypothèse d'un « plan social » a été « évoqué » dans le cas où « aucune offre crédible » ne serait trouvée.

« Le boycott de l’Iran affaiblit l’industrie française »

En attendant, les salariés manifesteront devant l'usine de Petit-Couronne ce mardi midi et rejoindront cet après-midi leurs collègues de Renault à Cléon. L'intersyndicale reproche à l'Etat de ne pas vouloir examiner l'offre de reprise d'une société iranienne car l'Iran est l'objet d'un embargo sur son pétrole. D'autres offres sont sur la table, mais elles seraient loin du compte.
Yvon Scornet, délégué CGT et porte-parole de l’intersyndicale, regrette cette porte fermée à l’Iran. « Je suis en colère dans le sens où ce n’est pas seulement le fait qu’on refuse le dossier iranien, qui était très solide, mais on demande des comptes, par exemple sur Total, qui dit "je me fous de ce que dit le gouvernement", en gros, c’est ça. Total n’a pas le droit d’acheter du pétrole iranien mais en achète par sa filiale coréenne. Le boycott de l’Iran affaiblit l’industrie française, pas iranienne : PSA est très affaibli. Doux vendait deux millions de poulets à l’Iran : ils sont où, Doux, maintenant ? On peut nous offrir le meilleur plan social, ça voudra dire qu’on aura perdu. Les gens vont partir avec de l’argent alors qu’il n’y en avait pas il y a un an. Et on s’est battus pour ça ? »

« Les dossiers vont être déposés au dernier moment »

En sortant de la réunion à Matignon, le militant syndical était donc en colère. « J’ai l’impression de me faire enfumer. Certains sont prêts à discuter d’un plan social, moi, je ne veux pas. La plus grosse discussion a été de dire "ce sera peut-être une défaite, donc on va passer à autre chose". Il y aura des dossiers ! Et il ne faudra pas nous dire "ce dossier, il n’est pas valable". Si, ils le seront ! Tous les dossiers vont être déposés au dernier moment, j’ai les repreneurs au téléphone tout le temps. Pour nous, il n’y a pas d’autre solution que la reprise ».

« Avec ou sans le gouvernement, on gagnera »

Yvon Scornet et ses camarades ont donc l’intention de continuer à faire pression pour que la fermeture soit la dernière solution possible. « Ce qui va se jouer aujourd’hui ? Nous, on va se mobiliser. Beaucoup de politiques vont venir sur le site prendre position et amener leur soutien. Et on va continuer, je vais passer ma journée au téléphone avec les repreneurs pour être sûrs qu’on ait des dossiers solides. Et ce sera le cas, car on ne peut pas perdre maintenant. Avec ou sans le gouvernement, on gagnera ».