Perpignan: "des riverains se sont plaints des nuisances", assure la mairie

La ville de Perpignan retire depuis plusieurs semaines ses bancs publics (photo d'illustration). - Philippe Huguen - AFP
Perpignan est touché par des disparitions étranges. Depuis quelques semaines, les Perpignanais ont de plus en plus de mal à trouver un endroit pour se reposer durant leurs promenades citadines. Et pour cause. La mairie ne cesse de retirer ses bancs de l’espace public. Et comme à Angoulême, la ville n’hésite pas à mettre ces disparitions sur le dos des jeunes, ou des marginaux, accusés de causer des troubles. Certes, tous les bancs n’ont pas quitté Perpignan, souligne France Bleu Roussillon, qui alerte sur cette étrange disparition. Mais ce mobilier urbain se fait rare. Car à chaque rénovation urbaine, la mairie "oublie" de remplacer les bancs.
"L'abandon de tout esprit convivial"
"J’ai fait le tour de la ville, et j’ai vu que ce phénomène s’était généralisé", déplore Marc Maillet, interrogé par la radio locale. Il est l’un des premiers à avoir constaté la disparition des bancs publics. Le militant écologiste souligne sur le blog de son association "l'abandon de tout esprit convivial". "On ne peut se poser que dans les cafés maintenant, et dans les lieux payants".
Pierre Parrat, adjoint au maire de Perpignan en charge de l’urbanisme, assure sur France Bleu Roussillon que "lorsqu’un banc public génère des nuisances par toute une population qui vient gêner, perturber, qui ne respecte rien, on n’a pas d’autre solution que de le déplacer".
Sur RMC mardi matin, il relativise la situation. "Il ne s'agit pas d'enlever les bancs, mais certains bancs, six au total. Ceux là ont été placés il y a trois ou quatre ans, à la demande d'une association de riverains. Or on a réalisé qu'ils étaient susceptibles d'engendrer un certains nombre de nuisances nocturnes dont se sont plaints les riverains", précise-t-il, évoquant des "amusements bruyants, parfois arrosés". "On a tenté plusieurs solutions, dont la médiation, et cela n'a rien donné. On a donc décidé de les enlever. Mais cela n'a rien de définitif: nous allons certainement mettre des chaises fixées au sol pour que les gens puissent s'y reposer pendant la journée", assure Pierre Parrat.
Des grilles autour des bancs d'Angoulême
En décembre, la ville d’Angoulême, en Charente, a elle aussi été épinglée pour avoir limité l’accès à ses bancs publics. La municipalité UMP avait placé des grillages autour de neufs pièces de son mobilier urbain le 24 décembre, expliquant avoir pris cette initiative en concertation avec les commerçants, car les bancs en question étaient "utilisés quasi-exclusivement par des personnes qui se livrent à une alcoolisation récurrente, tous les jours".
La mairie a finalement dû faire marche arrière au lendemain de Noël, face à la fronde des politiques et des dessinateurs de bande dessinée.












