Perpétuité pour un double infanticide à Nancy

Un homme de 48 ans qui avait tué ses deux enfants à Toul en 2008, parce qu'il ne supportait pas que sa femme le quitte, a été condamné vendredi à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle. /Photo d'archives/REUTER - -
STRASBOURG (Reuters) - Un homme de 48 ans qui avait tué ses deux enfants à Toul en 2008, parce qu'il ne supportait pas que sa femme le quitte, a été condamné vendredi à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle, a-t-on appris auprès de son avocate.
La peine n'a pas été assortie de la période de sûreté de 22 ans qu'avait demandée l'avocat général.
Alain Wegerle avait utilisé un fusil de chasse pour tuer Alexis, 14 ans et Rémi, 11 ans, dans leur lit, durant la nuit du 2 au 3 octobre 2008, avant de se tirer une décharge de plombs dans le thorax qui l'avait blessé grièvement sans lui ôter la vie.
Mécanicien aéronautique employé sur une base militaire, cet homme discret et solitaire avait laissé plusieurs messages et documents à ses proches mais également aux enquêteurs auxquels il indiquait l'ordre des décès et quelques éléments pour expliquer son geste.
"Mon amour, je ne supporte pas notre séparation, j'emmène avec moi nos deux petits amours", avait-il écrit à sa femme en concluant par cette formule sibylline, "j'emmène avec moi tes problèmes, pour toi, ce sera plus facile".
Ce fils de gendarme qui s'était forgé un tableau idéal et intangible de la vie de famille, selon un psychologue, a expliqué alternativement qu'il cherchait, par son geste, à faire souffrir sa femme et à éviter aux enfants de souffrir du divorce.
L'avocate de la mère, Me Hélène Strohmann, a fustigé devant la cour, "un acte d'égoïsme pur".
Celle de l'accusé, Me Marie-Christine Desmet, a plaidé pour sa part "l'altération du discernement" de son client au moment du drame, une hypothèse émise par l'un des psychiatres qui l'a examiné.
"C'est une personnalité hypersensible qui, confrontée à un événement désagréable, est complètement envahie par une angoisse insoutenable et n'a d'autre solution que le passage à l'acte", a-t-elle dit à Reuters.
Gilbert Reilhac, édité par Nicole Dupont












