Paris: une locataire vivant dans une cave insalubre de 9m² condamnée pour "occupation abusive"

Douze mille euros. C'est ce que doit verser Mathilda*, auxiliaire de vie, 58 ans, à Claude*, un ancien écrivain à succès… qui lui a loué pour 500 euros par mois une cave insalubre de 9 m². Chaque mois elle versait le loyer en liquide au propriétaire. Sauf qu'en 2019, ce dernier a décidé d'augmenter le prix de la location, pour le faire passer à 700 euros par mois.
"J’ai refusé, je lui ai dit 'je ne peux pas payer plus de 500 euros pour une cave. Et c’est là qu’il m’a mise dehors'", raconte Mathilda au micro de BFMTV.
Le propriétaire nie avoir perçu de l’argent et l’attaque pour occupation abusive. "C'est une chambre de service, que j'ai prêté il y a plusieurs années pour rendre service à un ami […] Elle ne m'a jamais remis de l'argent liquide. Vous auriez, vous, dans la rue, remis de l'argent liquide pour un logement ? C'est absurde", se défend Claude.
Pas de bail écrit
Et en l’absence de bail écrit, la justice condamne Mathilda à lui verser 12.000 euros. Depuis, la préfecture de police a prononcé un arrêté d’insalubrité pour ce logement.
"Quand il pleut et quand l’eau monte", Mathilda explique que l'eau lui arrive parfois au-dessus de ses chevilles. "Ça m'abîme toutes mes affaires. Parfois, je me réveille avec les pieds dans l’eau."
La situation, d'abord révélée par nos confrères du Parisien, est ubuesque pour la Fondation Abbé-Pierre qui accompagne Mathilda. "On a l'impression que la victime devient l'auteur. Et que l'auteur devient la victime", déplore Samia Ayed, chargée de mission habitat indigne à la Fondation.
Mathilda espère qu’avec cette décision préfectorale, la justice reviendra sur sa condamnation.












