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Migrants: le lycée Jean-Quarré transformé en centre d'hébergement

BFM A.-F. L. avec AFP
En octobre dernier 1.300 réfugiés avaient été évacués de l'ancien lycée transformé en squat - Vendredi 5 février 2016

En octobre dernier 1.300 réfugiés avaient été évacués de l'ancien lycée transformé en squat - Vendredi 5 février 2016 - AFP

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En octobre dernier, ils avaient été plus de 1.300 migrants à évacuer le lycée désaffecté Jean-Quarré où ils vivaient dans des conditions insalubres. Aujourd'hui, l'ancien squat réouvre ses portes, transformé en un centre d'hébergement symbolique.

Lieu symbole de la question migratoire à Paris, l'ancien lycée Jean-Quarré, squatté pendant plusieurs mois par des centaines de migrants dans des conditions insalubres, a rouvert ses portes ce jeudi après avoir été réhabilité et confié à l'association Emmaüs Solidarité, pour accueillir 105 migrants.

Le nouveau centre d'hébergement, situé place des Fêtes dans le XIXe arrondissement, a ouvert jeudi, après trois mois de travaux, pour héberger une partie des migrants évacués le jour même d'un campement place de la Chapelle, dans le XVIIIe arrondissement.

Le bâtiment a été transformé de fond en comble: les murs décrépits ont été repeints, les sols humides couverts de matelas ont laissé place à des chambres propres de deux, trois ou quatre lits, avec une armoire pour chacun, chauffées, éclairées. La réserve de nourriture et de vêtements, objet de rixes régulières pendant l'occupation sauvage, qui a concerné jusqu'à un millier de migrants, a laissé place à des toilettes.

"Refugees welcome"

Seuls un tag "Refugees welcome" et une fresque sur la façade représentant un homme portant un pakol (béret traditionnel afghan), le bras tendu, rappellent l'histoire récente du site.

"Quand on dit, on fait. Nous nous étions engagés fin juillet à ce que ce site devienne un lieu temporaire adapté à la situation des réfugiés, nous avons travaillé avec l'Etat et Emmaüs et aujourd'hui, l'engagement que nous avons pris est tenu", a souligné vendredi la maire de Paris, Anne Hidalgo, en visitant les lieux. "On a tous eu une obligation de réussite, dans ce lieu emblématique.

L'alternative aux campements de rue, c'est de mettre à l'abri les gens, dans des conditions dignes", a insisté à ses côtés le préfet d'Ile-de-France, Jean-François Carenco. La mairie de Paris a mis le bâtiment à la disposition de la région, qui en a délégué la gestion à Emmaüs Solidarité et à son équipe de 27 personnes, pour une durée de trois ans. En 2019, l'ancien lycée va accueillir une médiathèque. Le dernier étage doit encore être réhabilité d'ici la fin mars, apportant 40 places supplémentaires. Au rez-de-chaussée, une bibliothèque doit ouvrir, avec l'objectif d'en faire "un lieu de rencontre entre les riverains, les bénévoles, les migrants hébergés ici ou ailleurs en région parisienne", selon Aurélie El Hassak Marzorati, directrice générale adjointe d'Emmaüs Solidarité.

Vivre ensemble

Des cours de français doivent commencer très rapidement, à la grande joie des migrants. "Ici on est des Soudanais, des Erythréens, des Somaliens, des Afghans... Notre but c'est de tous vivre ensemble et on va tout faire pour être acceptés par la population", assure l'un d'eux, venu du Darfour, en France depuis six mois, fraîchement revenu de Calais où "les conditions étaient insupportables". "Nous sommes venus vous souhaiter la bienvenue, nous savons que vous avez traversé beaucoup d'épreuves.

Ici, vous allez pouvoir vous reposer, envisager votre situation future, préparer votre demande d'asile", a lancé Anne Hidalgo, dont les propos étaient traduits en arabe, à une quarantaine de migrants réunis dans le réfectoire. "Moi même, je suis née à l'étranger, j'ai immigré en France avec mes parents depuis l'Espagne, je suis aujourd'hui française et la France m'a donné une chance incroyable en me permettant de m'intégrer dans cette société. La république française offre des possibilités à tous ceux qui en acceptent les règles. Aimez ce pays, respectez ses lois et il vous le rendra", a-t-elle ajouté sous les applaudissements.