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Le « low cost », une solution à la crise du logement ?

BFM La Rédaction avec A. Serres
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Pour faire face à la pénurie de logement en France, l'Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) propose de construire des habitations "low cost" : immeubles sans ascenseurs, laveries communes…

On connaissait le « low cost » pour les transports ou les hôtels, voilà désormais qu’il pourrait faire son apparition sur le marché du logement. Face à la pénurie que connaît le territoire, l'Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) a proposé jeudi différentes solutions dont la construction d'immeubles sans ascenseurs où les handicapés n’auraient accès qu’au rez-de-chaussée, des appartements sans superflu ou encore des laveries communes. L'organisation demande le soutien des pouvoirs publics pour concrétiser ces suggestions.

Des économies sur le coût de la construction

L’idée est simple : faire des économies sur les matériaux de constructions par exemple en produisant en masse, ce qui réduirait le coût de production. Cette baisse serait ensuite répercuter sur le prix de vente ou de location. Deux projets « low cost » pourraient sortir de terres dans les prochains mois. Un à Lille, un autre à Strasbourg. Avec ces logements « low cost », l'UNPI espère réduire pratiquement de moitié le prix de la construction à 900 euros le m2 contre 1.400 à 1.700 actuellement. Les bâtiments « low cost » seraient implantés dans des zones tendues et non dans celles où l'offre est déjà surabondante.
L'organisation dénonce, par ailleurs, « l'accumulation de contraintes qui finit pas interdire la mise sur le marché de logements ». L’UNPI s’en prend également aux normes écologiques et fustige « la surenchère » dans les exigences environnementales pour la construction. Pour mener à bien son projet, l'UNPI demande le soutien des pouvoirs publics, en réduisant la TVA sur la construction ou en baissant l'imposition fiscale du bailleur.

« Attention aux fausses bonnes nouvelles »

« Il est bien évident qu’aujourd’hui, la question prioritaire en matière de logement, c’est le coût d’accès, explique Thierry Saniez de la CLCV pour qui ces logements « low cost » ne sont pas obligatoirement une bonne idée. Certains peuvent proposer qu’on revienne sur des matériaux de construction. Mais si vous avez des matériaux moins chers mais qui ne correspondent pas à certaines performances énergétiques, vous aurez un logement moins cher au départ mais au final, votre logement sera moins isolé, vous consommerez plus d’énergie donc les charges seront plus importantes. Il faut faire attention aux fausses bonnes nouvelles ».

« Garder la qualité et la durabilité »

Face aux sceptique, l'UNPI assure que le logement low cost ne remettra pas en cause la qualité des logements, ni leur qualité, ni leur durée de vie. « Pour faire baisser le prix du m2, explique Jean Perrin, président de l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI), on enlève ce qui est superflu et on industrialise beaucoup d’éléments du logement pour pouvoir avoir des prix plus compétitif sur les fournitures de base. On peut industrialiser sur les salles de bains ou les cloisons. On peut aussi faire disparaître le superflu comme des systèmes sanitaires exagérés. En cumulant on arrive à un prix du m2 inférieur à 1000 euros en gardant la qualité et la durabilité ».

« Ça marche en Allemagne »

« C’est un système qui marche en Allemagne, assure France Bauvin, déléguée Europe à l’UNPI. Ils l’obtiennent avec une standardisation poussée des tailles des fenêtres des cuisines, des salles de bains et sans ascenseur aussi pour les immeubles de moins de 5 étages »