Logement : expulsée, ses biens confisqués, pour un loyer impayé

Le bailleur a fait vider l'appartement de Chafika, confisquant ses affaires, et changeant les serrures. - -
C’était un jour férié, et il n’a laissé aucune chance à sa locataire : lundi 1er avril, un bailleur a expulsé Chafika, a vandalisé son logement, et a pris ses biens. En cause : 600 euros de loyer en retard.
La jeune maman, sa fille de deux ans et son mari handicapé rentraient chez eux, ce soir-là, lorsqu’ils ont découvert que la serrure avait été changée et le logement vidé. A la rue, la famille se présente à la police, qui refuse de prendre une plainte. Depuis, ils sont ballotés d’une maison à l’autre, chez des amis, sans qu’aucune décision de justice n’ait pourtant décidé de leur expulsion, et sans intervention d’huissier.
« Tout le monde s’en fout »
Après contact avec l'association DAL (Droit au Logement), la famille réussit à faire enregistrer une plainte le 8 avril, qui reste sans suite. « Nous sommes intervenus auprès de la préfecture qui n’a pas bougé non plus, précise Jean Baptiste Eyraud, porte-parole de l'association. Une plainte a fini par être enregistrée. Tout le monde s’en fout, les services sociaux, la police, la préfecture, c’est choquant ».
« Ma fille n’a pas une seule tenue pour se changer »
Quatre jours plus tard, Chafika découvre que le logement a été rendu inhabitable, cloisons et sanitaires abattus, des papiers et des affaires des locataires abandonnés dans les gravats. « Il a ramené un déménageur, il a changé la serrure, il a pris les affaires, les affaires de la petite, je n’ai rien retrouvé, raconte sur RMC, les larmes aux yeux, la mère de famille. Même les papiers ! J’ai demandé s’il pouvait me rendre des papiers et des affaires personnelles. Ma petite a deux ans et demi et jusqu’à aujourd’hui, elle n’a pas une tenue pour se changer, toutes ses affaires étaient là-bas. Elle me dit "maman, pourquoi on ne reste pas à la maison". Aujourd’hui, je suis là, mais demain, je ne sais pas où je serai, ça fait mal au cœur ».
Pour venir en aide à la famille, le DAL a lancé un appel au rassemblement ce mercredi à 13h30 au métro Créteil université pour demander leur relogement.












