Leucate : un couple prête sa maison, les « amis » refusent de la rendre

Le village de Leucate, où le couple possède une maison, squatée depuis trois mois par des amis à eux - -
Ils pensaient qu’ils étaient amis, mais des amis, normalement, ne volent pas votre maison. C’est pourtant ce qui est arrivé à la monsieur et madame Lips, à Leucate, dans l’Aude. Ce couple de retraités, parti en vacances, a laissé les clés de sa maison à une amie pour les dépanner. Mais à leur retour, stupeur, la serrure a été changée, et les nouveaux occupants refusent de quitter les lieux. Depuis trois mois, le couple est donc contraint de vivre dans le camping-car avec lequel ils sont partis en vacances, garé à quelques mètres de leur maison.
Le juge « incompétent sur le fond »
Même si aucun accord, contrat ou bail n'a été signé, la gendarmerie n'a pas le droit de demander aux nouveaux occupants de partir. Pire encore, les squatteurs, Christelle et John, ont même appelé à deux reprises la gendarmerie pour éloigner les propriétaires qui tentaient de rentrer chez eux. Les époux Lips n'ont donc pas eu d'autre alternative que de recourir à la justice, mais le juge s'est déclaré incompétent « sur le fond » et a renvoyé l'affaire. Les Lips n'ont jusqu'ici pas eu le courage de remonter un dossier qui ne sera pas traité avant début février.
« Je leur ai donné de l’argent, je les aimais beaucoup »
Camille Maestracci, la reporter d’RMC, a contacté le domicile des Lips. « Ils sont partis en voyage, ils vont rentrer ce week-end », affirment les nouveaux occupants. Le retour de Nadine Lips, pourtant, date d’octobre. « Ils n’ont jamais voulu ouvrir, ils avaient changé le canon de serrure. Ils ont ouvert ma feuille d’impôts, je devais recevoir un colis, je ne l’ai jamais reçu », résume-t-elle. Pendant des années, ceux qu’elle pensait être des amis ont même largement profité de ses largesses et aujourd’hui encore, Nadine Lips considère qu’elle a bien fait. « Je leur ai donné de l’argent, à chaque fois qu’elle avait une difficulté, j’étais là pour elle. Elle est venue pleurer dans mes bras, vraiment je l’aimais beaucoup. Je ne regrette pas le bien que j’ai pu faire à cette femme, je l’ai fait de bon cœur, mais je regrette infiniment de lui avoir prêté ma maison. Depuis le temps que je les entends me dire « on s’en va tel jour, on a une autre maison »… Les semaines passent, et ils sont toujours chez moi ». « J’en ai assez, ajoute-t-elle sur RMC. On lui a fait confiance au point de lui confier notre maison le temps de nos vacances ! Je lui donnais de l’argent, je lui disais viens avec moi faire les courses, remplis ton caddie, et je payais ! Et là, j’ai payé l’électricité, j’ai payé l’eau. Ils sont toujours enfermés à l’intérieur, volets fermés ».
« La mairie leur propose un logement »
La seule solution, maintenant, semble être un départ volontaire des squatteurs, qui pourrait se faire d’ici la fin de la semaine. C’est ce qu’espère l'adjointe au maire, Monique Ching, qui a réussi à entrer et parler aux occupants. « Ils ont signé un bail, puisque la mairie leur propose un logement. Si tout se passe bien, ils devraient quitter les lieux vendredi à 15h ».
« Pas d’expulsion en période hivernale »
Sinon, la voie légale risque d’être beaucoup plus longue et complexe. « Ils sont occupants sans droit ni titre, ce sont des squatteurs, reconnaît sur RMC Loïc Dusseau, avocat au barreau de Paris. Le problème, c’est qu’une expulsion, même sans droit, ne peut pas se faire en période hivernale, et ne peut pas se faire comme ça manu militari sans l’autorisation d’un juge. La leçon de cette histoire, c’est qu’il faut essayer de se ménager des preuves. C’est-à-dire que même quand on prête comme ça un logement, ce qui est très bien de la part du propriétaire, il faut le faire confirmer par écrit, un échange de courriel ou quelque chose comme ça, pour prouver qu’il y avait des engagements sur une durée précise ». Reste à espérer, pour le couple Lips, que les squatteurs acceptent la proposition de la mairie et quittent les lieux vendredi. Nadine et son mari pourront, alors, quitter leur camping-car.












